Ecophony Rinne
Description
Paru pour la première fois en 1986, Ecophony Rinne est une symphonie en quatre mouvements de « musique écologique » signée Geinoh Yamashirogumi, qui mêle traditions ancestrales et innovations technologiques, bouleversant au passage notre manière d’écouter. Masterisé en half-speed à Abbey Road par Miles Showell, le repressage analogique haute-fidélité de Time Capsule est le premier à restituer sur vinyle la théorie visionnaire de Ōhashi, l’« Hypersonic Effect » : graver des fréquences inaudibles — au-delà du spectre humain — afin de retrouver l’impact sensoriel intégral de cette œuvre hors norme. Fondé par le polymathe Tsutomu Ōhashi (alias Shoji Yamashiro), Geinoh Yamashirogumi est un collectif mouvant de plus d’une centaine de membres issus de domaines variés. Ōhashi refusait l’idée de virtuoses professionnels et favorisait un esprit où neuroscientifiques, psychologues, médecins, journalistes, ingénieurs ou étudiants pouvaient questionner la société par l’art, en explorant des performances ethnomusicologiques inspirées des traditions du monde, de la spiritualité orientale et de la musique classique occidentale. Ecophony Rinne incarne l’apogée de cette vision : une vaste suite orchestrale réunissant plus de 200 musiciens, nourrie par les réflexions d’Ōhashi sur notre lien à la nature et sur les cycles essentiels de la vie, de la mort et de la renaissance. On y entend des synthés rappelant l’orgue, créés à partir d’échantillons de cors tibétains, des enregistrements issus des forêts d’Afrique centrale, des mantras bouddhistes captés en binaural, ou encore les puissantes percussions javanaises Jegog, palpitantes comme des écosystèmes vivants. Les résonances de temples, de grottes et de paysages entiers semblent s’inscrire dans le mix. En tissant ensemble culture, nature et technologie, le disque vibre de la polyphonie du monde. Mais Ecophony Rinne ne s’est pas contenté d’innover musicalement. En constatant que le son du CD étouffait certaines subtilités présentes sur le vinyle, Ōhashi élabora sa théorie de l’Hypersonic Effect, selon laquelle des fréquences supérieures à 20 kHz — inaudibles mais bien réelles — influencent notre perception. L’écoute devient alors autant physique que mentale : Ecophony Rinne se ressent autant qu’il s’écoute. La suite est connue : Ōhashi fut ensuite sollicité par Katsuhiro Ōtomo pour composer la bande originale d’Akira, œuvre emblématique de Geinoh Yamashirogumi. Ecophony Rinne, longtemps resté dans l’ombre, en était en quelque sorte le plan originel — aujourd’hui réédité pour la première fois dans sa version hypersonique la plus aboutie. Plutôt que de représenter la nature, Ecophony Rinne la fait vivre. Plutôt que de refléter la culture, il la façonne. Plutôt que d’utiliser la technologie, il la transforme. Plus que jamais, cette œuvre résonne avec notre époque. Vous n’avez encore rien entendu de comparable.
Tracklist
A2. Movement II - Falling As Flowers Do - Dying a Glorious Death
B1. Movement III - Dark Slumber
B2. Movement IV - Reincarnation
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