Flowers Too
-
Label
- Born Bad Records
-
Date de sortie
- 24 avril 2026
-
Pressage
- Original
-
État du produit
- New
-
Vinyle
- Black
Description
Que fait la pop aujourd’hui ? Elle nous remplit la tête, elle nous élève parfois. Elle invente chichement, elle pille un peu, elle recopie beaucoup. Elle nous accompagne encore, elle nous martyrise aussi. Elle nous euphorise de temps en temps, elle nous rabaisse souvent. Mais ce qu’elle ne fait presque plus, c’est nous faire rêver — vraiment rêver, les yeux ouverts comme les yeux fermés.
C’est précisément là que revient Dorian Pimpernel.
Car s’il fallait voir leur premier album ALLOMBON comme l’ouverture d’un passage secret, ce deuxième disque « FLOWERS TOO » est autre chose : non plus la découverte d’un monde, mais son exploration méthodique, son cartographiage fiévreux, son approfondissement jusqu’aux couches souterraines. Là où le psychédélisme contemporain semble au point mort, où l’extase a perdu son effet, où les grands espaces de l’imaginaire ont été lotis, balisés, rentabilisés, eux creusent encore. Et plus profondément.
La pop ésotérique — la plus noble, la plus dangereuse — ne se pratique plus en surface. Elle a déserté les grandes avenues pour se réfugier dans des laboratoires cachés, des arrière-salles mentales, des sous-sols plus enfouis encore que ceux du garage, du punk ou du metal noir. C’est là que travaille, depuis des années, la société secrète Dorian Pimpernel, avec une obstination qui tient moins de la carrière que du sacerdoce.
Leur premier album posait les bases d’un langage, d’un climat, d’un possible. Celui-ci en est la chambre intérieure.
Les cinq membres — ce batteur fasciné par l’Antiquité, ce songwriter philosophe à ses heures, ce cinéaste-compositeur polymorphe, ce bassiste-archiviste possédé par les disques, ce chanteur longtemps reclus avec sa guitare — n’ont pas changé de nature. Mais leur musique, elle, a muté. Plus dense. Plus cohérente. Plus habitée.
Toujours en marge du schéma classique de “la bande de potes qui monte un groupe”, ils poursuivent leur étrange projet : la moonshine pop, envers nocturne, lunatique, parfois vénéneux de la sunshine pop californienne. Sauf qu’ici, le concept n’est plus une hypothèse esthétique — c’est un territoire. Johan ne parle plus d’esquisse, mais de monde. Un monde bâti brique après brique, disque après disque, où chaque sonorité, chaque timbre, chaque intention a sa place comme dans une architecture secrète.
Si le premier album ouvrait la porte, ce deuxième vous pousse à l’intérieur — si loin que ce sont vos rêves, et peut-être vos cauchemars, qui devront accueillir les créatures qui l’habitent.
À la manière des livres mi-littéraires, mi-magiques de la Renaissance, ce disque fonctionne comme un système clos et pourtant infini. Chaque chanson y est à la fois fragment et totalité : autonome, mais trouée, habitée par le sentiment vertigineux qu’il existe d’autres pièces, d’autres couloirs, juste à côté. L’ensemble forme un labyrinthe dont on peut étudier le plan… ou accepter de s’y perdre.
Car que l’on soit exégète maniaque ou simple promeneur nocturne, une chose frappe d’abord : c’est de la pop.
De la grande mélodie. Immédiate, souple, lumineuse — même quand elle parle depuis l’ombre. Si leur art relève de l’ésotérisme, c’est à la manière d’Alice au pays des merveilles : en douceur, en couleurs, avec un sourire qui cache des abîmes.
Leurs influences sont toujours là, mais digérées plus profondément : le psychédélisme savant des années 60, les ponts rêvés entre Canterbury et Düsseldorf, les musiques de film hantées, les synthétiseurs rares et les guitares anciennes qui peuplent leur studio-cabinet de curiosités. Sauf qu’ici, tout cela ne se cite plus — ça respire. Ça vit. Ça agit.
On pourrait parler d’hantologie à la française, mais moins tournée vers la nostalgie que vers l’activation des fantômes. Comme s’ils parlaient une langue ancienne, oui — mais de manière à ce qu’elle appartienne pleinement au monde nouveau, même si ce monde ne sait pas encore qu’il en a besoin.
En surface, cette musique semble venue d’hier.
En profondeur, elle est strictement contemporaine : ambiguë, miroitante, instable, vibrionnante. Mais aussi — et surtout — harmonieuse, immédiate, délicieusement toxique, d’une beauté presque suspecte.
La vraie surprise, c’est que ce deuxième album a déjà la densité d’un disque de maturité. Dans ses thèmes — illusions perdues, chemins qui ne mènent nulle part, mondes parallèles frôlés sans être habités — comme dans sa forme : non plus seulement une proposition, mais un manifeste pleinement réalisé.
La machine à rêves est relancée.
Et cette fois, elle tourne sans mode d’emploi.
Tracklist
A2. Twisted Charm Honey
A3. Caravelle
A4. Flor en la Sombra
A5. Marching Clocks
B1. Circular Rites
B2. Oruga Encantada
B3. Sur la Lune
B4 Brücke
B5. Photochromic gaze
B6. A Rising year
Avis (0)