GUILTY RAZORS

COMPLETE RECORDINGS - 1978 - CD

11,67 €
Audio CD SKU : BB0195CD
    Date de sortie
  • 22 mai 2026
    État du produit
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Description

GUILTY RAZORS, PUNKS VRAIS.

Des écrits sur le sujet partant un peu dans tous les sens, des conférences anesthésiantes données par des universitaires, des témoignages la plupart du temps abondamment trafiqués de ceux qui ont « connu l’époque » : aujourd’hui pas mal de gens fantasment sur les débuts du punk dans notre pays… Cet heureux moment où personne n’avait encore pensé à arborer une ridicule crête verte, à prendre Sid Vicious pour un héros, ou – pire encore – à rendre la chose soi-disant alternative à la fois festive et bourrin. Non, rien de cela en 1976 ou 1977, quand il n’était pas facile de se procurer les premiers 45T des Pistols ou de Clash. Pas grand monde n’avait alors connaissance de ce qui se tramait dans la marge de la marge, le nom de Malcolm McLaren était quasiment inconnu et avoir les cheveux courts faisait de vous un mec bizarre … Qui savait alors que le rock qui depuis le début des années 70 avait pris une très mauvaise tournure allait redevenir un élément de libération essentielle ? qu’à coups de morceaux courts et rapides il allait à nouveau retrouver ce côté primaire, social et haïssable par les anciennes générations ? Qui savait cela ? Seulement quelques isolés qui lisaient la presse musicale (mieux encore s’ils la lisaient en anglais) et fréquentaient les bons magasins de disques. Beaucoup de ceux-là formèrent des groupes, car il était impossible de ne pas faire autrement. On passait donc rapidement du stade de celui qui écoute le Velvet au stade de celui qui s’essaie de jouer les intros des Stooges. Une histoire un peu collective quand même, même s’il n’y avait pas grand monde pour la démarrer.
Parmi ceux qui participèrent à cette ébauche de chamboulement, à Paris il y avait les Guilty Razors. Ils n’étaient, loin de là, pas les plus mauvais. Ils avaient un truc bien à eux et avaient même sorti un 45T nettement supérieur à la moyenne nationale. Ils avaient aussi assez de morceau pour remplir un album, celui que vous tenez dans vos mains…. De l’avis de tous, ils ne faisaient absolument pas partie des faussaires du punk comme il y en a eu tant ensuite. Eux au moins ils étaient vrais et crédibles.

Guilty Razors, groupe punk parisien (1975-1978). Pour comprendre quelque chose à leur son un peu linéaire mais tellement énervé, Il faudrait peut-être parler du contexte dans lequel il est né et plus largement se remémorer l’ennui (un thème qui deviendra majeur dans les chansons punk) doublé de l’envie d’envoyer tout balader qui furent au départ de la formation d’une poignée de groupes d’un rock redevenu jeune ; de cette passion pour quelques disques, ceux des Kinks ou des Who du début, des Stooges, du Velvet surtout, qui vous différenciait du commun.
Et bien sûr il faudrait se rappeler de ce vent nouveau, alors porté par de rares articles dans la presse spécialisée et par quelques disquaires à la pointe, qui arrivait de New York ou de Londres et dont on ressentait le petits mais puissants souffles dans la capitale et dans quelques lieux isolés de provinces endormies par tellement de choses consternantes : de Tangerine Dream à Giscard d’Estaing...
La chanson française en 1975/1976 était, elle, comme presque toujours dans un sale état ; c’était encore Johnny et Sylvie partout. Quand au rock local, à part Bijou et Little Bob qui s’essayaient de concerts mal sonorisés en concerts devant presque personne de réveiller ce petit monde, c’était plutôt morne plaine.
Dans les banlieues populo à ce moment-là c’était essentiellement le hard rock à fond la caisse qui faisait oublier les trois huit en usine. Par endroits, en bordure des grandes villes, il y avait bien quelques rockys à rouflaquettes portant un brassard noir depuis la mort de Gene Vincent, mais ce n’était pas vraiment un mouvement de masse, juste une source de réel danger pour tous ceux qu’ils croisaient et qui n’étaient pas comme eux… En Aout 1976, Il y avait eu un festival à Mont-de-Marsan différent des autres, le First European Punk Festival, comme il était marqué sur l’affiche, mais il y eu quasiment autant de monde sur la scène que dans le public. Pourtant, ce jour-là il y avait eu un moment quasi historique lorsque sous le cagnard en plein après-midi des inconnus appelés Damned firent entendre dans l’arène un bruit inédit aux relents bordéliques de Stooges retombés en prime adolescence. Ils furent le premier groupe réellement punk à se produire dans notre pays : tout devenait désormais possible, tout semblait presque permis.

Le punk (paink si on le prononce à la française…), il est logique que les quatre+1 de Guilty Razors, qui au départ amplifient leurs guitares bien sèches avec des micros pourris de magnétos, l’adoptent de façon naturelle et instinctive puisqu’il mélange boucan libérateur, vitesse d’exécution et – élément déterminant – un très sain sentiment de révolte (les soixante-huitards clamaient – c’était même un slogan- qu’ils n’étaient pas contre les vieux mais uniquement contre ce qui ce qui les avait fait vieillir. Au milieu des années 70 il semblait normal et évident qu’il fallait désormais s’en prendre AUSSI aux vieux !!!…).
L’envie d’en découdre d’alors, briseuse d’autorité et d’apathie, était de couleur rouge ou noire, elle prenait souvent la forme de distribution de tracts, d’AG tumultueuses sous le préau et de manifs massives ou minables débordant la plupart du temps d’une enthousiasmante vitalité virant parfois à la bagarre avec les CRS. En effet, peu de temps après la fin de la guerre du Vietnam et à la suite du coup d’état de Pinochet au Chili un peu partout dans le pays l’engouement gaucho trotskyste ou anarcho libertaire était solidement ancré dans une partie de la jeune populace scolarisée aussi frondeuse que fouteuse de merde dès que ça lui en était possible. Il faut d’ailleurs souligner que lorsque le 45T « Anarchy in te the UK » se fit entendre pour la première fois, même si nous n’étions pas nombreux à y avoir accès, le titre autant que sa déflagration sonore parlèrent immédiatement à certains de ces énervés en demande justement d’ANARCHIE !!! La frange gauchiste majoritaire, elle, assimilait encore les punks à de jeunes nazillons inconscients. Il faut dire que les photos largement diffusées dans la grande presse, de Siouxsie Sioux avec ses croix gammées n’aidaient pas forcément à l’adhésion des théoriciens du Grand Soir. Il aura fallu que Joe Strummer présente Clash comme un groupe anti-raciste, anti- fasciste et anti-ignorance pour que le rejet des révolutionnaires à l’ancienne s’estompe un peu.

Le lycée Jean-Baptiste Say à la Porte d’Auteuil, pourtant situé dans le très huppé et logiquement préservé seizième arrondissement parisien, n’échappait pas à ces soubresauts « engagés » qui faisaient aussi office de parfait défouloir générationnel pour les moins timorés.
« A l’époque, la politique c’était rigolo », raconte Tristam Nada élève dans ce bahut, qui va être parachuté chanteur de Guilty Razors. « Jean-Baptiste c’était le lycée gauchiste du quartier. Quand les mecs d’extrême droite du GUD y descendaient, ceux de la Ligue Communiste venus d’ailleurs nous aidaient à les repousser. »
Tout ce qui pouvait défier l’autorité était bon à prendre, et évidemment les grèves pour à peu près n’importe quel prétexte vont en toute logique se prolonger par des séchages de cours de plus en plus fréquents (avec un adieu définitif aux études qui bien sûr ne tardera pas). Sa classe de seconde, puis celle de première inachevée, Tristam Nada les partage avec José Perez, venu d’Espagne dont le père, concierge, avait été condamné à mort par Franco. « José a orienté mes gouts vers des choses solides comme les Who. Comme la plupart des ados j’avais auparavant ingurgité à peu près tout ce qui se présentait à moi, de Yes à Led Zeppelin en passant par Genesis. Je découvrais… Et puis un jour il m’a dit qu’avec son frère Carlos ils voulaient monter un groupe de rock. » Les deux Perez jouaient déjà de la guitare (« Normal, ils étaient espagnols ! », s’amuse leur chanteur. « Puis un peu à contre cœur, José s’est mis à basse, nous avons été ensuite rejoints par Jano – qui prit le pseudo de Jano Homicid - lequel s’est mis à la guitare rythmique. » Plusieurs batteurs vont par la suite grossir ce noyau dur, un terme d’ailleurs assez bien approprié puisqu’on a là affaire à de jeunes garçons peu farouches qui ne s’en laissent pas conter quand l’adversité est dans l’air.

Pour ceux qui désormais choisissent de s’appeler Guilty Razors les premières répétitions s’organisent dans la chambre d’une tante Perez. Là, les trois novices s’essaient d’abord à reprendre quelques standards, des morceaux qui souvent font partie intégrante de leur vie. Lors d’un premier et court concert, devant un public décontenancé de rudes rockers à l’ancienne, en bons kamikazes électriques ils vont par exemple se lancer dans une version brinquebalante d‘« Heroin » du Velvet Underground. Défi ou inconscience ? Sûrement un peu des deux... Et puis, pas à pas, leur mince répertoire s’étoffe, ils ont en effet décidé de composer leurs propres morceaux ; des chansons interprétées dans un anglais pas toujours très fidèle et académique : mais qu’importe les règles grammaticales ou le juste vocabulaire, puisque l’essentiel c’est avant tout de faire sonner les mots du mieux possible pendant que derrière ça joue très très vite, l’important aussi c’est que les choses dites soient crachées dans un langage qui ne laisse aucun doute sur ce qu’il véhicule.
S’essayer à une sorte de rock détestée par une bonne partie du voisinage, faire du bruit, avoir une attitude provocatrice bien marquée : ils ne sont pas encore nombreux ceux qui à ce moment précis ont choisi d’imposer cette différence. Ils ne sont pas non plus vraiment nombreux les lieux, en France comme ailleurs, où l’on peut avoir accès aux premiers soubresauts de ce qui n’est pas encore une mode et encore moins un mouvement.

En province, à la fin 1976 ou au début 1977, il n’y a peut-être pas plus d’une trentaine d’endroits, des disquaires un peu plus avisés que la moyenne, où l’on peut entendre cette sorte de nouveau rock à cheveux courts que l’on appelle « punk ». L’ancienne clientèle qui auparavant venait sans problème y acheter son dernier McCartney ou son Aerosmith annuel s’y sent d’ailleurs désormais un peu moins à l’aise…
A Paris les lieux un peu mieux éclairés sont assez rares, souvent géographiquement proches du Trou des Halles qui n’a pas encore été entièrement recouvert par un forum de grosses enseignes commerciales. Entre trois prostituées en fin de carrière, deux friperies et marchands de babioles post-Katmandou ou petits créateurs de mode ; la bonne parole est bruyamment portée dans deux espaces pionniers, propagateurs de ce qui n’est encore qu’un nouvel underground. Historiquement, il y a d’abord l’Open Market, une sorte de caverne mal achalandée, mais achalandée avec gout. Des baffles s’y échappe à fort volume le son des garage bands sixties de la compilation Nuggets (une référence essentielle pour José Perez) ou celui des gamins anglais mal attifés d’Eddie and the Hot Rods. L’antre peinte en noir a été ouverte quelques années auparavant par Marc Zermati, un personnage pas toujours bien luné mais toujours assez radical dans ses (bons) choix et dans ses propos. Il a fondé le label indépendant Skydog et a été l’un des organisateurs des festivals punk de Mont-de-Marsan. Pas très loin de là il y a Harry Cover, un autre magasin plus branché nouvelle scène new-yorkaise, laquelle est largement révélée dans le fanzine maison (même si ce sont dans ses pages qu’ont été publiées pour la première fois en France des photos des Sex Pistols) : Rock News.
C’est plutôt là que les frères Pérez et Tristam Nada trainent le plus souvent, comme l’explique ce dernier. « C’est chez Harry Cover que nous avons entendu pour la première fois les 45t des Pistols et des Clash, c’est d’ailleurs suite à ça que nous avons décidé, nous aussi, de nous lancer dans nos propres compos. Si eux y arrivaient, on pouvait le faire aussi ! »
Les chocs sonores que sont « Anarchy in the UK », « White Riot » ou le EP « Spiral Scratch » de Buzzcocks, auquel le son de Guilty Razors peut d’ailleurs faire penser, vont bientôt être amplifiés par un choc visuel sans équivalent. En avril 1977, en effet, The Clash, dont le premier album vient tout juste de sortir, se produit à Paris au Palais des Glaces au cours d’une nuit punk organisée par Marc Zermati. Pour pas mal de personnes présentes ce soir-là, ce fut le concert leur vie…
Bien sûr les Guilty Razors et Tristam étaient dans le public : « Ce concert avait été fabuleux… Nous les keupons parisiens nous étions quasiment tous habillés de noir et de blanc, chemises blanches, petites cravates en cuirs, Perfectos ou petites vestes etc. Les Clash eux, ils avaient des fringues colorées. Et bien dès le lendemain au Gibus tu retrouvais tous ceux qui avaient assisté au concert, mais ils n’avaient plus rien de noir sur eux, ils portaient tous des couleurs.»

Il est logique de citer le Gibus Club, les Guilty Razors vont souvent s’y produire (parfois d’ailleurs face à un public hostile) : puisque c’est encore l’unique lieu de la capitale qui programme régulièrement la nouvelle scène parisienne ou anglo-saxonne, Generation X, Siouxsie and the Banshees, les Slits, Johnny Thunders, qui va un peu devenir la mascotte déglinguée de l’endroit, vont ainsi s’y succéder. Un peu tard, dès 1978, le Rose Bonbon – l’ex Nashville – attirera aussi les noctambules en demande de décharges électriques... Au Gibus en 77 les emblématiques mais pas forcément excellents Asphalt Jungle y jouent souvent, partageant parfois l’affiche avec Metal Urbain, le seul groupe dont l’aura va par la suite dépasser les frontières de l’Hexagone (« Je les voyais comme les Sex Pistols français », expliquera d’ailleurs Geoff Travis, le patron de leur label anglais Rough Trade). Metal Urbain, justement, déjà installés dans ce mini paysage, ils vont aider les jeunes et fougueux Guilty Razors qui débarquent tout juste. Hermann Schwartz, qui fut le guitariste de Metal Urbain, s’en souvient « Ils étaient plus jeunes que nous, on était donc un peu leurs parrains même si le mot est bien sur un peu fort… Eux au moins ils étaient crédibles. On les trouvait bons et en plus ils avaient des bonnes chansons qui me rappelaient celles de Buzzcocks que j’aimais beaucoup. Mais à partir d’un moment ils se sont acoquinés avec des Hells Angels. Et là on ne les a plus suivis. »

Une rupture partagée, puisque de leur côté, les Guilty Razors voient d’un très mauvais œil apparaître dans des concerts de Métal U une frange du public qui se lance dans des Sieg Heil à répétitions en faisant le salut nazi… Des provocations, même si elles ne sont encore qu’à deux balles (le gros de la troupe skinhead ne se manifestera lourdement qu’un peu plus tard dans les concerts), qui ne sont pas vraiment du gout des frères Perez dont les convictions anti fascistes sont évidemment solidement ancrées. Il y a des choses sur lesquelles on ne transige pas.
Quelques mois auparavant (en juillet 78) les « Rasoirs coupables » auront quand même fait une première partie très réussie de Metal Urbain au Bus Palladium ; une boite de nuit plus traditionnellement rock à l’ancienne (Téléphone y avait par exemple enregistré un 45T). Mais comme cela pouvait parfois se passer à l’époque ; la soirée s’était ensuite transformée en bagarre générale avec des rockers de banlieue venus là pour « casser du punk ».

Les nuits parisiennes d’alors n’étaient en effet pas toujours faites de douceur et de sérénité.

C’est ainsi qu’après avoir assuré comme ils le pouvaient une première partie de The Jam, leur son ayant été massacré à la sono, nos Guilty locaux seront attendus à la sortie par – encore – une horde de rockys à bananes voulant leur faire la peau. « Heureusement, raconte Tristam. Nous étions accompagnés de nos roadies, des Bikers sans motos qui ont fait rempart. Cela s’est ensuite poursuivie dans les rues avoisinantes puis s’est terminée devant un troquet avec le patron sortant une carabine… »
Si Tristam et les frères Perez échappent in extremis à divers aléas qui auraient pu devenir sanglants, ils ne seront pas non plus totalement innocents de tout méfait. L’épisode dans lequel ils braquent dans la rue deux inconnus continue par exemple de les amuser (« nous étions fauchés et nous voulions simplement nous payer des places pour le concert des Heartbreakers qui jouaient ce soir-là », raconte Tristam). Ils se trouve que leurs victimes étaient deux personnages incontournables dans le business rock d’alors : l’animateur radio Alain Manneval et l’éditeur musical Philippe Constantin. Ils déposèrent plainte, demandèrent une réparation monétaire, mais on ne sait trop comment le manager du groupe, l’habile mais plus que controversé (et très escroc selon tous ceux qui l’ont côtoyé) Alexis, se débrouilla pour que la plainte soit retirée et que Guilty Razors finisse par signer en édition avec Constantin avec une avance conséquente.…

L’autre signature, elle, se fit avec Polydor, la maison de disques qui sortit en 1978 leur unique 45T trois titres « I Don’t Wanna be A Rich », « Hurts and Noises », « Provocate » (des morceaux qui transpiraient la révolte perpétuelle et une envie d’affrontement « de classe » jamais éteint). Un disque vraiment très bon mais qui, pour cause de manque de promo (les radios ne passaient pas d’artistes français chantant en anglais), ne se vendit pas beaucoup ; on parle de 800 exemplaires… le reste du stock partit au pilon… Au départ les trois morceaux devaient être inclus sur un album qui ne vit jamais le jour pour cause de mise à la porte de chez Polydor (« il faut dire que parfois il nous arrivait de mettre un peu le souque chez eux ! », se marre Tristam. Dans le but de parfaire le 33T tant espéré, le groupe maquetta d’autres titres. Il y avait là – preuve d’un bon gout sixties jamais renié - une version de « Lucifer Sam » de Pink Floyd époque Syd Barrett, « Wake Up », une histoire de lendemain de cuite et « Bad Heart » qui évoquait la bande à Baader dont les actions avaient tellement marqué l’époque et une partie d’une génération en demande de dissidence extrême... Sur l’album que vous découvrez maintenant, on entend aussi cinq inédits enregistrés un peu plus tard lors d’un séjour aussi prolongé que glacial à Madrid ; faits dans un studio de fortune mais avec l’aide précieuse d’un batteur qui était aussi ingénieur du son. Un vieux hippie enthousiaste qui s’est avéré être un vrai as du bricolage sonore. Là aussi, certaines influences fifties et sixties du groupe (Link Wray, Troggs) paraissaient plus qu’évidentes.

C’est peu après un dernier tour de piste houleux et plutôt barbare du côté du public, lors d’une « Nuit Punk » à l’Olympia en juin 1978, que Tristam quitta le groupe ; ses comparses continuant un petit moment sans lui.

Mais comme la plupart des groupes pionniers punks de l’époque, Guilty Razors finira par se séparer définitivement au bout de trois ans (à part une fois en Espagne, ils n’auront en fait joué qu’à Paris). Les causes de cessation d’activités étant à peu près les mêmes pour tous : pas d’endroits hors son petit circuit pour jouer cette sorte de rock qui faisait encore peur, était inconnu ou n’intéressait pas grand monde. Des probabilités quasiment nulles d’enregistrer un album : les grosses maisons de disques ne signant que des sous Téléphone sans originalités mais rassurants et les petits labels de l’époque ne s’intéressant qu’au rock progressif ou à la chanson à texte pour MJC. Quand à l’autoproduction ? Personne dans notre petit monde à épingles à nourrices n’y pensait encore. De toute façon, personne n’avait assez d’argent pour se lancer dans de pareilles entreprises.

Oui, les débuts du punk en France c’était vraiment le No Future !

Tracklist
1- Hurts and Noises
2- Wake up
3- I don't wanna be a Rich
4- Terrorist Bad Heart
5- Provocate
6- Lucifer Sam (Pink Floyd)
7- Happy!?
8- So Lazy
9- I feel down
10- Stupido
11- Guilty
12- Caroline Says (Loo Reed)


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