EST - Apricot coloured Vinyl
Description
Difficile d’expliquer un disque quand une écoute suffit. D’autant qu’avec MaMaMa, inutile de penser que l’on peut être passif : écouter son nouvel album, EST, c’est se plonger dans une atmosphère douce psychédélique, réconfortante et organique en même temps. Une pop planante et électronique qui prouve que ce Strasbourgeois de cœur, Parisien d’adoption, musicien, arrangeur, chanteur, compositeur et producteur n’a de cesse de se réinventer. Après avoir changé de nom - anciennement Petit Prince - et offert deux albums salués par la critique (“MaMaMa-gnifique.” / “Des boucles que l'on garde longtemps en tête” / “somptueux arrangements”), Elliott Diener propose ici un disque encore plus sincère. De véritables chansons en français, après deux albums où la production occupait parfois tout l’espace : “si tu fais de la musique très produite, lorsque tu enlèves les couches de sons, il n’y a plus le fruit. Dans EST, je n’ai pas besoin de maquillage pour que les chansons fonctionnent”, admet-il.
Ce nouvel album, c’est ça : d’abord la chanson et le français, ensuite le plaisir du son. Un album moins bavard sur sa fabrication, plus habité, plus incarné, dans un folklore contemporain. Avec ce nouvel album, inutile de penser que vous allez vous ennuyer : EST est son meilleur disque.
Pas de faux-semblants
Entièrement pensé dans son studio de Pantin - une pièce à lui, enfin -, imaginé comme un lieu libre de toute rêverie, ouvert à tous les paysages sonores, MaMaMa offre un disque aussi nébuleux que cotonneux. Composé souvent très tôt le matin, il est devenu nostalgique sans être sombre, spleeneux sans être triste, avec quelques filiations qui apparaissent en creux : Flavien Berger, Moodoïd, Feu! Chatterton pour le goût du verbe et du trouble, Mount Kimbie pour l’approche du son et du rythme. Pas étonnant lorsque l’on sait que EST a été finalisé avec le producteur du duo britannique. Sur scène, MaMaMa prépare un live à la manière de Nicolas Jaar ou UTO. Hypnotique et immersif.
Le plus libérateur reste qu’EST est un disque sans faux-semblants. Avec lui, on traverse la persévérance (dans Aussi loin qu’il tiendra debout), les petits arrangements pour éviter de se confronter à la réalité (Tout sauf la vérité) et la fragilité des liens que l’on croyait solides (Si bien ensemble). On aborde aussi les conflits persistants avec ceux que l’on aime (Anywhere you are, there you are), l’incompréhension (Elle me parle une langue) et l’érosion des amitiés (S’envoler). EST dessine une cartographie intime et salvatrice des relations humaines dans un ensemble lucide et sensible. Comme lorsqu’il aborde aussi les masques sociaux comme l’amour filial (dans Beau garçon, dédié à son fils) ou les relations devenues impossibles.
“C’est vraiment l’album qui me ressemble le plus en terme de paysage sonore”, souligne Elliott. Un disque qui se lève, hors du bruit du monde imparfait et mouvant - comme nous -, réjouissant par ses mots, libérateur par ses productions. Un véritable bijou.
Tracklist
A2. Tout sauf la vérité
A3. Emily Jane
A4. Si bien ensemble
A5. Anywhere you are, there you are
B1. Beau Garçon
B2. Le beurre et le miel
B3. S’envoler
B4. Elle me parle une langue
B5. Le bout du ballon
B6. Un secret entre toi et nous
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