{"title":"label : Born Bad Records","description":"\u003cp\u003eLe label BORN BAD RECORDS a été fondé en septembre 2006 par Jean-Baptiste Guillot.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eIl a été créé en parallèle du magasin de disques bien connu de la rue Keller à Paris dans le quartier Bastille, monté par Iwan Lozach et Mark Adolph en 1998.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eLe label BORN BAD RECORDS est un label de rock and roll contemporain, fuyant le ‘revivalisme’ de nombre de ses pairs, le label plébiscite des groupes (pour l’essentiel français) qui essayent de proposer un son différent et nouveau dans un genre musical sclérosé.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eLe label propose aussi de nombreuses reeditions thématiques qui exhument les oeuvres d’artistes français passés inaperçus en leur temps. Ces rééditions explorent aussi bien les années 50, 60,70 ou 80 et ont pour but de faire valoir la créativité d’artistes français trop en avance sur leur époque.\u003cbr\u003e\u003c\/p\u003e","products":[{"product_id":"jusqu-au-bout-du-monde-star-feminine-band-lp","title":"Jusqu'au Bout Du Monde","description":"\u003cp\u003eStar Feminine Band, les hardest working women du show-business du Bénin, sortent leur troisième album chez Born Bad, qui s’était décarcassé pour sortir le premier. On en connait qui chopent le palu à la vue de la très collante étiquette world : soyez assurés que le monde, c’est tout ce qu’elles méritent, après neuf ans de boulot acharné. Ces huit jeunes femmes, venues d’un village que même les béninois ont du mal à situer, ont commencé le métier en mode expert. Car outre soi, faut convaincre la famille, le village, et tout un continent que ça vaut le coup.\n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eAndré « Papa » Balaguemon, compositeur, manager et parolier, fait beaucoup, tout en restant dans l’ombre. Il a assemblé le groupe, dans lequel ses trois filles jouent aussi, loge tout le monde avec sa femme Edwige qui gère aussi danses et costumes. Il leur a donné une formation musicale, et a créé le cadre pour qu’elles poursuivent l’école tout en répétant dur. De ce projet improbable au statut d’ambassadrices UNICEF, on mesure l’immense chemin parcouru par ce groupe solaire. L’existence même de ce nouvel album témoigne de la persévérance de Grâce, Anne, Urrice, Bénie, Angélique, Sandrine, Julienne et Ashley. Le personnel de cette family affair a un tout petit peu bougé : deux nouvelles femmes ont rejoint la formation, qui s’est frottée à des plateaux exigeants (Les Eurocks, Glastonbury l’été, la BBC à Noël).\n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eCe nouveau disque donne des joies simples : entendre des voix grandir, un talent instrumental se confirmer, les musiciennes contribuer à l’écriture pour passer de premier girl band béninois à band tout court. Et ce sans oublier pourquoi elles ont pris la scène : l’émancipation n’est pas un dîner de gala. Star Feminine Band fait de la musique directe, qui ne prend pas de détours pour exprimer ce qui manque au pays. C’est pas de la candeur, c’est du pragmatisme. Quand Grâce chante « l’enfant a le droit à l’éducation \/ obligééé », c’est qu’il n’y a rien d’autre à dire de plus important ce jour-là. Comme elles le notaient dans leur premier album « la musique c’est notre boulot », laissez-les faire, elles font ça très bien. Le Star Feminine Band s’amuse dans ce disque qui se promène dans le territoire vaste et poreux des innombrables styles propres à l’Afrique de l’Ouest. Elles s’offrent même une incursion reggae pour causer mariage au troisième degré (avec une petite saillie rap), et entrelacent leurs voix dans un joyeux bazar multilingue (Waama, Ditamari, Bariba, Fon, Yoruba : un embarras du choix qui va avec le territoire). Et si on en doutait, y’a des tubes. Chacun reconnaitra les siens mais « L’enfant c’est un don de Dieu » est un véritable rouleau-compresseur qui aplanit méthodiquement le terrain pour danser ensemble sur son chorus final. On a pas fini de répéter « debout-les-en-fants » avec elles.\n\u003cbr\u003eMoins garage que les deux premiers albums, soutenu par des arrangements fins, des parties de clavier ambitieuses, et des harmonies vocales plus complexes sans que l’ensemble ait perdu en spontanéité, ce troisième opus vient tranquillement, en toute modestie, nourrir le patrimoine musical béninois. Comme elles l’affirment très bien dans « Jusqu’au bout du monde », malin petit tunnel de remerciements qu’on voit déjà gonfler sur scène : « oui c’est Star Feminine Band qui a gagné-o ».\n\u003cbr\u003eHalory Goerger\u2029\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"LP","offer_id":55019952177477,"sku":"BB0185LP","price":23.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/Star-feminine-Band-jusqu-au-bout-COVER-HD_084d69ef-5bcc-40ad-b2ab-a25864511651.jpg?v=1750927425"},{"product_id":"jusqu-au-bout-du-monde-cd-star-feminine-band-cd","title":"Jusqu'au Bout Du Monde - CD","description":"\u003cp\u003eStar Feminine Band, les hardest working women du show-business du Bénin, sortent leur troisième album chez Born Bad, qui s’était décarcassé pour sortir le premier. On en connait qui chopent le palu à la vue de la très collante étiquette world : soyez assurés que le monde, c’est tout ce qu’elles méritent, après neuf ans de boulot acharné. Ces huit jeunes femmes, venues d’un village que même les béninois ont du mal à situer, ont commencé le métier en mode expert. Car outre soi, faut convaincre la famille, le village, et tout un continent que ça vaut le coup.\n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eAndré « Papa » Balaguemon, compositeur, manager et parolier, fait beaucoup, tout en restant dans l’ombre. Il a assemblé le groupe, dans lequel ses trois filles jouent aussi, loge tout le monde avec sa femme Edwige qui gère aussi danses et costumes. Il leur a donné une formation musicale, et a créé le cadre pour qu’elles poursuivent l’école tout en répétant dur. De ce projet improbable au statut d’ambassadrices UNICEF, on mesure l’immense chemin parcouru par ce groupe solaire. L’existence même de ce nouvel album témoigne de la persévérance de Grâce, Anne, Urrice, Bénie, Angélique, Sandrine, Julienne et Ashley. Le personnel de cette family affair a un tout petit peu bougé : deux nouvelles femmes ont rejoint la formation, qui s’est frottée à des plateaux exigeants (Les Eurocks, Glastonbury l’été, la BBC à Noël).\n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eCe nouveau disque donne des joies simples : entendre des voix grandir, un talent instrumental se confirmer, les musiciennes contribuer à l’écriture pour passer de premier girl band béninois à band tout court. Et ce sans oublier pourquoi elles ont pris la scène : l’émancipation n’est pas un dîner de gala. Star Feminine Band fait de la musique directe, qui ne prend pas de détours pour exprimer ce qui manque au pays. C’est pas de la candeur, c’est du pragmatisme. Quand Grâce chante « l’enfant a le droit à l’éducation \/ obligééé », c’est qu’il n’y a rien d’autre à dire de plus important ce jour-là. Comme elles le notaient dans leur premier album « la musique c’est notre boulot », laissez-les faire, elles font ça très bien. Le Star Feminine Band s’amuse dans ce disque qui se promène dans le territoire vaste et poreux des innombrables styles propres à l’Afrique de l’Ouest. Elles s’offrent même une incursion reggae pour causer mariage au troisième degré (avec une petite saillie rap), et entrelacent leurs voix dans un joyeux bazar multilingue (Waama, Ditamari, Bariba, Fon, Yoruba : un embarras du choix qui va avec le territoire). Et si on en doutait, y’a des tubes. Chacun reconnaitra les siens mais « L’enfant c’est un don de Dieu » est un véritable rouleau-compresseur qui aplanit méthodiquement le terrain pour danser ensemble sur son chorus final. On a pas fini de répéter « debout-les-en-fants » avec elles.\n\u003cbr\u003eMoins garage que les deux premiers albums, soutenu par des arrangements fins, des parties de clavier ambitieuses, et des harmonies vocales plus complexes sans que l’ensemble ait perdu en spontanéité, ce troisième opus vient tranquillement, en toute modestie, nourrir le patrimoine musical béninois. Comme elles l’affirment très bien dans « Jusqu’au bout du monde », malin petit tunnel de remerciements qu’on voit déjà gonfler sur scène : « oui c’est Star Feminine Band qui a gagné-o ».\n\u003cbr\u003eHalory Goerger\u2029\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"CD","offer_id":55019952144709,"sku":"BB0185CD","price":13.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/Star-feminine-Band-jusqu-au-bout-COVER-HD.jpg?v=1750927425"},{"product_id":"polaroid-roman-photo-40th-anniversary-edition-ruth-12inch","title":"Polaroid Roman Photo 40th Anniversary Edition","description":"\u003cp\u003eCLASSIQUE INTEMPOREL ET INDETRONABLE DE LA COLD WAVE FRANCAISE dans une EDITION SPECIALE pour célébrer les 40 ans de cet album mythique. \u003cbr\u003eCette édition inclus un 45T avec 2 titres inédits disponible nulle part ailleurs\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eThierry Müller, à l’initiative du projet RUTH, n’en est pas à son coup d’essai lorsque sort en 1985 l’album POLAROÏD\/ROMAN\/PHOTO avec le morceau éponyme.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eSon frère aîné Patrick, et un de leur cousin le familiarisent dès son plus jeune âge à la musique contemporaine et expérimentale. Il commence ainsi précocement à bidouiller seul des sons sur de vieux magnétos à bandes, mais c’est en 1977, aux Arts Appliqués ou il étudie, que Thierry lance avec des potes son premier groupe ARCANE. Leur son est étrange, un mélange de grattes saturées, et de bandes magnétiques en larsen qui ne laissera aucune trace discographique et scénique…\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eEn parallèle d’ARCANE, Thierry travaille déjà en solo à son projet\/concept ILITCH, projet expérimental et novateur, dont le premier album Periodikmindtrouble sort en 1978 sur le label Oxigène. À défaut de ventes conséquentes, ce premier disque lui ouvre les portes de la reconnaissance et d’un gros succès d’estime dans les cercles très fermés et élitistes des musiques expérimentales et underground.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eLe parti pris musical d’ILITCH étant trop réducteur pour la soif d’expérimentation et la curiosité de Thierry, ce dernier développe en parallèle avec l’auteure, actrice et photographe Murielle Huster un projet Punk baptisé RUTH ELLYERI (anagramme de Thierry Müller, en entier Ruth M. Ellyeri) censé incarner une de ses facettes schizophréniques et lui permettre d’étendre son champ d’expression à d’autres styles musicaux que ceux attribués à ILITCH.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eDe ce projet naît le cultisme morceau punk Mescalito que l’on retrouvera compilé sur la mythique et hélas rarissime compilation 125g de 33 1\/3 tours (1979) du label Oxygène (premier sampler “punk français”). \u003cbr\u003eFin 1978, il rencontre au siège du label Oxygène, Philippe Doray, autre chantre de la musique expérimentale française. Il s’installe ainsi chez lui près de Rouen dans une ferme isolée avec un studio de musique fait de bric et de broc. \u003cbr\u003eIls travaillent sur leur projet respectif et se retrouvent de temps en temps pour des expériences communes dont CRASH (en hommage à J G. Ballard).\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eThierry Müller, Frédérique Lapierre \u0026amp; Ruth Ellyeri\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eDès 1982, une première mouture du titre Polaroïd\/Roman\/Photo voit le jour sous le nom de projet RUTH.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e» J’avais envie de faire un morceau pour faire danser les filles en se moquant des garçons. J’ai branché une petite horloge artisanale sur mon orgue Farfisa en guise de séquenceur, j’avais un petit synthé-guitare Roland, j’ai rentré l’orgue dedans, ça a démarré comme ça. « \u003cbr\u003ePhilippe, amusé à l’idée de travailler sur un projet plus pop, se propose alors pour en écrire le texte. Thierry travaille sur d’autres morceaux en vue d’un album et demande à des ami(e)s de lui écrire d’autres textes : Édouard Nono, artiste plasticien écrira les paroles de Mots, Frédérique Lapierre écrira les paroles de Misty Mouse, de Tu m’ennuies, elle posera sa voix sur ces deux titres et la première version de Polaroïd\/Roman\/Photo. Par la suite Thierry s’installera au Studio Anagramme pour réaliser les prises de sons acoustiques. À l’issue des cessions, Thierry et Philippe ne sont pas trop emballés par les mixages de Polaroïd\/Roman\/Photo qui manque de “flamboyance” selon eux. Ils décident d’enregistrer une nouvelle voix féminine avec une chanteuse professionnelle et l’ingénieur du son Patrick Chevalot se proposera pour mixer le titre au studio Synthesis « pour que cela pète ».\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eSa bande sous le bras, avec l’aide de Jacques Pasquier (S.C.O.P.A. \/ Invisible Records où sortit le deuxième album d’ILITCH, 10 Suicides), il entreprend de démarcher les maisons de disques. « J’ai quasiment fait toutes les “majors” et je me suis fait jeter à chaque fois ! Il n’y a que chez RCA où j’ai trouvé quelqu’un intéressé. C’était Francis Fottorino qui avait signé Kas Product, mais quand c’est arrivé au niveau du grand patron c’était terminé ! Il y a eu, aussi, un espoir avec Philippe Constantin chez Virgin France mais sans résultat. C’est finalement sorti en 1985 sur Paris Album, un petit label indépendant. » \u003cbr\u003eL’album (avec le titre éponyme pourtant un tube en puissance) vendra à peine 50 albums en1985.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eRuth Ellyeri \u0026amp; Thierry Müller\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e»En 2004, les DJs Marc Colin et Ivan Smagghe ayant découvert le morceau Polaroïd\/Roman\/Photo décident de l’exhumer de l’oubli et le sortent sur une compilation So Young But So Cold (Tigersushi) puis Born Bad Records sur la compilation BIPPP en 2008. Grâce à eux, une “nouvelle vie” a été donnée au morceau et à l’album. Compilations et rééditions ont suivi faisant de ce disque un album culte.« \u003cbr\u003eGraphiste, Thierry Müller continue de produire de la musique sous son nom, celui d’ILITCH et de RUTH sur ses propres projets et de multiples collaborations.\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"LP","offer_id":55096071586117,"sku":"BB0188LP189SP","price":25.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/MockupssimpleLP_3_6418829d-7f6f-4f1a-9548-d5d88010a8d8.png?v=1756218140"},{"product_id":"dolores-salsa-guaracha-from-70-s-french-west-indies-various-artists-12inch","title":"DOLORES - Salsa \u0026 Guaracha from 70's French West Indies","description":"\u003cp\u003eEn Guadeloupe, ils sont plus d’un à penser que le jazz et le ka, c’est bague et doigt. On pourrait aisément appliquer pareille sentence entre les musiques dites latines et celles du terroir des Antilles Françaises, tant le cousinage sonne de la plus belle évidence entre ces deux esthétiques cousines, nées dans l’arc caribéen. En la matière, des plus fécondes, les exemples sont légion qui illustrent une histoire de connexion frappée du sceau du bon sens commun. Et cela ne remonte pas à hier quand on songe au fait que la contredanse pratiquée dans les salons européens prit pour noms kadrille en Martinique et contradanza à Cuba, toutes deux fondées sur l’ajout de percussions héritées de la déportation transatlantique. Comment en effet imaginer que ces deux entités n’aient pas une base de dialogue naturelle, sur la foi de sentiments partagés autour d’une même identité traumatisée, puis créolisée ? \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eLa question est d’ailleurs vite tranchée si l’on se remémore l’âge d’or des orchestres qui firent les belles nuits du Pigalle de l’entre-deux-guerres. Don Barreto, natif de La Havane, mêla ainsi naturellement dès les années 1930 danzón et biguine, dans son combo basé au Melody’s Bar. Et dans la décade suivante, Félix Valvert, chef d’orchestre grandi à Basse-Terre en Guadeloupe, fit merveille avec l’orchestre bigarré de la Coupole, à Montparnasse. Il n’était pas rare que les musiciens de la sphère afro-caribéenne soient associés dans des sections, rythmiques comme soufflants, censées animer les bals typiques de la capitale : Le Rico Creole’s Band en est un exemple, dès les années 1930, tout comme celui du violoniste-clarinettiste martiniquais Ernest Léardée, futur roi de la biguine, accueillait au Bal Blomet des Caribéens de toute provenance, du type susceptibles de satisfaire ces Zazous-là, pour paraphraser la biguine-calypso de celui qui deviendra l’Oncle Ben’s, sinistre stigmate des a priori post-coloniaux.   \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eAux Antilles l’histoire s’accélère à partir des années 1950, avec l’accroissement des échanges commerciaux et l’essor des ondes radio. Sur les bons vieux postes à galène, les jeunes Guadeloupéens et Martiniquais se branchent sur les musiques sud-américaines et caribéennes, tandis que les pacotilleuses, ces femmes, commerçantes qui allaient d’île en île, achetant des marchandises ici, pour les revendre ailleurs (« le plaisir est dans le changer de mains »), rapportent dans leurs bagages des sons. C’est le cas de Mme Balthazar de retour de Porto Rico avec les premiers 45-tours et 33-tours sur le sol martiniquais… De cette aventure naîtra d’ailleurs le fameux label martiniquais La Maison des Merengues, une affaire qu’elle entreprendra avec son mari et qui fera date.  \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eEn cette fin des années 1950, Marius Cultier glane haut la main le premier prix du Piano International Contest in Puerto Rico : au programme une version du Round 'Midnight de Monk. Cette distinction annonce tout ce qui va suivre quand on mesurera bientôt que Cultier, comme l’hérétique moine du jazz, a dans les mains une faculté à écrire de superbes mélodies, toujours avec un décalage qui leur donne cette touche unique. Bientôt l’autodidacte surdoué accompagnera Los Cubanos et se fera remarquer pour sa faconde sur les merengues. On connaît la suite. Toujours à l’orée des années 1960, Frantz Charles-Denis, plus reconnu sous le prénom de Francisco, né dans la haute bourgeoise de Saint-Pierre, est rentré au pays après avoir pratiqué la Cabane Cubaine, rue Fontaine, où il a chopé la fièvre latine. Résultat : Francisco imprime sa marque de fabrique, à l’image des cousins cubains, et les combos qu’il pilote affichent une différence de style qui sonne l’heure du renouveau. Ça swingue dru du côté de la Savane, la grand place de Fort-de-France. Et c’est précisément à quelques brassées de là qu’il va monter le Shango, où il teste une nouvelle formule, la biguine lélé, fortement épicée de rythmiques latinos pour celui qui ne tardera pas à s’envoler pour Porto-Rico puis au Venezuela. Quant au percussionniste (entre autres activités) Henri Guédon, né à Fort-de-France le 22 mai 1944, jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage, il se souvenait à l’hiver de sa vie que « dans le Teppaz paternel tournait un 6\/8 trépidant… » Les premières lignes de sa “Lettre à Dizzy”, un petit recueil illustré de dessins (Del Arco), témoignent du déclic que produit en 1960 le cubop sur cet adolescent, futur lider maximo de la Contesta, big band imbibé de latin jazz et géniteur du mot zouk, qui va apporter le son du barrio new-yorkais en terre parisienne. Comme l’aboutissement d’un parcours commencé du côté de Sainte-Marie, « lieu mythique du bélé, l’équivalent du guaguancó cubain ».  \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eAu début des années 1960, alors que l’économie tertiaire se développe au détriment des activités agricoles, terroir fertile des musiques racines en Martinique comme en Guadeloupe, des maisons de disques vont jouer le rôle de catalyseur de la vague des versions latines, qui déferlent sur les îles comme partout ailleurs. Il y eut notamment le producteur Célini (le formidable label Aux Ondes) et Marcel Mavounzy, frère du fameux soufflant Robert et patron des disques Émeraude, firme créée en 1953. Il y en aura bien d’autres, dont on trouve traces ici même, mais on ne manquera pas de pointer le rôle majeur d’Henri Debs qui se lance dans l’aventure discographique, avec un tel écho qu’il sera comparé par certains à Berry Gordy. Celui dont les premières compositions (un boléro et un chachacha alors qu'il vient d'acquérir son premier Teppaz) remontent au milieu des années 1950 sera le passeur des musiques caribéennes, le calypso comme le merengue, pas peu fier d’accueillir in situ des membres de la Fania All Stars, allant très tôt acheter ses disques à San Juan (Porto Rico) et les diffusant bien vite aussi à Fort-de-France via une enseigne tenue par un de ses frères. C’est aussi lui qui sera bientôt tout ouïe de la musique haïtienne, le compas direct puis les cadences qui vont sitôt inonder le marché. Résultat : nombres des combos passés en son mythique studio seront dopés à la variété des rythmiques « afro-latines ». Et ce sans renier son identité : les tambours gwo ka, instruments longtemps bannis des circuits « officiels », y tiennent une bonne place.  \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eC’est ce fourmillement créatif dont témoigne cette présente sélection, quatorze titres pour un brassage aussi intempestif qu’inédit, où toutes les musiques de l’archipel créole entrent à un moment ou à un autre en piste. Qu’elles soient d’essence rurale ou d’extraction plus urbaine, toutes rappellent « la trace du chant confisqué par l’esclavage » dont parlait Edouard Glissant lors d’un entretien autour de la place de musiques antillaises dans la sphère afro-américaine. « C’est le cas du jazz, mais aussi du reggae, du calypso, de la biguine, de la salsa… Cette trace s’exprime aussi dans les tambours : guadeloupéen, dominicain, jamaïcain, cubain… Aucun n’est le même, tous repartent de cette idée de trace, la cherchent et se mettent en relation. C’est cela qui est la marque de la diaspora africaine : cette capacité à créer de l’inédit par rapport à elle-même à partir d’une trace. Ce peut être le souvenir d’un rythme, la fabrication d’un tambour, une manière de dire qui utilise non pas l’ancienne langue mais les modalités de celle-ci. » \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eEn ouverture, on retrouve ainsi l’un des orchestres emblématiques de cette identité esthétique aux intersections de bien des musiques de ce prolifique archipel. Malavoi, mythique groupe foyalais, interprète en 1974 une superbe guajira de Ray Barretto, tambour majuscule de la scène new-yorkaise qui fut biberonné de Charlie Parker et Chano Pozzo. Et comme un symbole de cette réunion, la conclusion de cette compilation est signée par Los Martiniqueños de Francisco. Poteau mitan de la culture martiniquaise et militant impénitent des musiques afro-caribéennes, pratiquant les rondes de danmyé (sorte de capoeiria) au rythme du tambour bèlè, ce dernier envoie une terrible Caterete, une espèce de champeta d’obédience afro-colombienne composée par le Colombien Fabián Ramón Veloz Fernández pour le groupe Wgenda Kenya. Cerise sur le gâteau : le Brésilien Marku Ribas qui trouva refuge en Martinique au début des années 1970, donne de la voix sur ce titre qui incite à la transe.  \u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eCes deux « versions » fournissent le diapason de cette sélection, composée entre raretés et classiques du genre tropicalisé. Un cocktail que les Antillais ne manquent jamais d’épicer de leurs propres ingrédients, accents toniques comme rythmiques alambiquées. C’est le cas de la reprise de Dónde, célèbre thème cubain composé par le producteur Ernesto Duarte Brito, violon typique et voix piquante – Joby Valente, chanteuse martiniquaise de renom – pour ce qui est à notre connaissance l’unique 45-tours des Los Caraïbes. Quant à L’Ensemble Tropicana, qui regroupait des Haïtiens à l’instar du compositeur et leader Michel Desgrotte, son explicite Amor en chachachá rappelle au milieu des années 1960 la persistance de cette musique sous les tropiques. Ils firent danser aussi bien le Cocoteraie de Guadeloupe que la Bananeraie en Martinique. A la même époque, un autre band « étranger », le Ryco Jazz du Congolais Freddy Mars N’Kounkou, fit des passages remarqués dans les deux îles, parcourant lui aussi les classiques latin jazz à l’image de cette adaptation du Wachi Wara, une soul sauce de Dizzy Gillespie et Chano Pozo. Difficile de ne pas s’élancer sur la piste aux sons entremêlés des cordes et percussions. Tout comme on ne résiste pas à Dap Pinian, un surpuissant guaguancó d’Eugene Balthazar par l’Orchestre Tropicana publié sur la Maison des Merengues, fondée en Martinique. Tout un symbole du maelstrom à l’œuvre.  \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eSous le nom de Paco et L'orchestre Cachunga, Roger Jaffory s’adonne tout autant au guaguancó, avec Oye mi consejo, un titre d’inspiration de la Fania, entre autres. Baila !!!!!  La danse, c’est aussi tout l’à-propos des Kings – pas moins – qui interprètent Oriza, une bomba portoricaine du trompettiste nuevayorquino Ernie Agosto, un « classique » au lustre bien cuivré. C’est aussi dans le chaudron des barrios new-yorkais que La Perfecta, groupe martiniquais originaire de la Trinité, a trouvé son nom, référence directe à La Perfecta du totémique Eddie Palmieri. Les voilà ici qui empruntent Toumbadora au producteur et compositeur colombien Efraín Lancheros, où plus encore que les soufflants ce sont les percussions qui alimentent le feu. On en dira tout autant des Super Jaguars de la Martinique qui prennent prétexte de Tatalibaba, une composition du guitariste Cubain Florencio « Picolo » Santana, rendu célèbre par Celia Cruz \u0026amp; La Sonora Matencera, pour envoyer des cadences infernales. Dans un registre plus typiquement salsa, le Super Combo, fameux orchestre guadeloupéen originaire de Pointe-Noire et formé autour de la famille Desplan, Roger Plonquitte et Elie Bianay, adapte Serana, un thème de Roberto Angleró Pepín, compositeur, chanteur et musicien portoricain connu également pour son titre Soy Boricua. Là encore, leur vision n’est pas loin de surpasser l’originale.  \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eAu virage relevé des années 1970, L’Ensemble Abricot fut le temps d’une poignée de titres au sommet de cet art de varier les plaisirs : boléros, biguines, compas direct, guaguancó et puis un bon vieux boogaloo, « pour toujours » comme ils disent en chœur. L’ensemble martiniquais rassemblé autour de Léon Bertide excelle sur celui composé par le saxophoniste portoricain Hector Santos pour le mythique groupe El Gran Combo. Trois ans plus tard, en 1972, Henri Guédon s’attaque au Bilongo rendu célèbre par Eddie Palmieri, avec le soutien de Paul Rosine au vibraphone. Classique !!!!! Un qualificatif qui colle aux Aiglons guadeloupéens. Suivant un tempo plus à la coule que l’original – à commencer par le clavier merveilleusement (dé)calé en lieu et place de l’accordéon –, ils rejouent  Pensando en tí, composition du Dominicain Aniceto Batista. Sur l’étiquète du 45-tours des plus recherchés, le premier publié par Les Aiglons sous étiquète Duli Disc, le titre est placé sous l’appellation générique « afro ». Tout un symbole.  \n\u003cbr\u003eJacques Denis\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"12inch","offer_id":55096163402053,"sku":"BB0183LP","price":23.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/DOLORES-Cover-HD_b78ef527-ffb8-472e-9962-2cf38997b1ce.jpg?v=1751880945"},{"product_id":"dolores-salsa-guaracha-from-70-s-french-west-indies-cd-various-artists-cd","title":"DOLORES - Salsa \u0026 Guaracha from 70's French West Indies - CD","description":"\u003cp\u003eEn Guadeloupe, ils sont plus d’un à penser que le jazz et le ka, c’est bague et doigt. On pourrait aisément appliquer pareille sentence entre les musiques dites latines et celles du terroir des Antilles Françaises, tant le cousinage sonne de la plus belle évidence entre ces deux esthétiques cousines, nées dans l’arc caribéen. En la matière, des plus fécondes, les exemples sont légion qui illustrent une histoire de connexion frappée du sceau du bon sens commun. Et cela ne remonte pas à hier quand on songe au fait que la contredanse pratiquée dans les salons européens prit pour noms kadrille en Martinique et contradanza à Cuba, toutes deux fondées sur l’ajout de percussions héritées de la déportation transatlantique. Comment en effet imaginer que ces deux entités n’aient pas une base de dialogue naturelle, sur la foi de sentiments partagés autour d’une même identité traumatisée, puis créolisée ? \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eLa question est d’ailleurs vite tranchée si l’on se remémore l’âge d’or des orchestres qui firent les belles nuits du Pigalle de l’entre-deux-guerres. Don Barreto, natif de La Havane, mêla ainsi naturellement dès les années 1930 danzón et biguine, dans son combo basé au Melody’s Bar. Et dans la décade suivante, Félix Valvert, chef d’orchestre grandi à Basse-Terre en Guadeloupe, fit merveille avec l’orchestre bigarré de la Coupole, à Montparnasse. Il n’était pas rare que les musiciens de la sphère afro-caribéenne soient associés dans des sections, rythmiques comme soufflants, censées animer les bals typiques de la capitale : Le Rico Creole’s Band en est un exemple, dès les années 1930, tout comme celui du violoniste-clarinettiste martiniquais Ernest Léardée, futur roi de la biguine, accueillait au Bal Blomet des Caribéens de toute provenance, du type susceptibles de satisfaire ces Zazous-là, pour paraphraser la biguine-calypso de celui qui deviendra l’Oncle Ben’s, sinistre stigmate des a priori post-coloniaux.   \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eAux Antilles l’histoire s’accélère à partir des années 1950, avec l’accroissement des échanges commerciaux et l’essor des ondes radio. Sur les bons vieux postes à galène, les jeunes Guadeloupéens et Martiniquais se branchent sur les musiques sud-américaines et caribéennes, tandis que les pacotilleuses, ces femmes, commerçantes qui allaient d’île en île, achetant des marchandises ici, pour les revendre ailleurs (« le plaisir est dans le changer de mains »), rapportent dans leurs bagages des sons. C’est le cas de Mme Balthazar de retour de Porto Rico avec les premiers 45-tours et 33-tours sur le sol martiniquais… De cette aventure naîtra d’ailleurs le fameux label martiniquais La Maison des Merengues, une affaire qu’elle entreprendra avec son mari et qui fera date.  \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eEn cette fin des années 1950, Marius Cultier glane haut la main le premier prix du Piano International Contest in Puerto Rico : au programme une version du Round 'Midnight de Monk. Cette distinction annonce tout ce qui va suivre quand on mesurera bientôt que Cultier, comme l’hérétique moine du jazz, a dans les mains une faculté à écrire de superbes mélodies, toujours avec un décalage qui leur donne cette touche unique. Bientôt l’autodidacte surdoué accompagnera Los Cubanos et se fera remarquer pour sa faconde sur les merengues. On connaît la suite. Toujours à l’orée des années 1960, Frantz Charles-Denis, plus reconnu sous le prénom de Francisco, né dans la haute bourgeoise de Saint-Pierre, est rentré au pays après avoir pratiqué la Cabane Cubaine, rue Fontaine, où il a chopé la fièvre latine. Résultat : Francisco imprime sa marque de fabrique, à l’image des cousins cubains, et les combos qu’il pilote affichent une différence de style qui sonne l’heure du renouveau. Ça swingue dru du côté de la Savane, la grand place de Fort-de-France. Et c’est précisément à quelques brassées de là qu’il va monter le Shango, où il teste une nouvelle formule, la biguine lélé, fortement épicée de rythmiques latinos pour celui qui ne tardera pas à s’envoler pour Porto-Rico puis au Venezuela. Quant au percussionniste (entre autres activités) Henri Guédon, né à Fort-de-France le 22 mai 1944, jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage, il se souvenait à l’hiver de sa vie que « dans le Teppaz paternel tournait un 6\/8 trépidant… » Les premières lignes de sa “Lettre à Dizzy”, un petit recueil illustré de dessins (Del Arco), témoignent du déclic que produit en 1960 le cubop sur cet adolescent, futur lider maximo de la Contesta, big band imbibé de latin jazz et géniteur du mot zouk, qui va apporter le son du barrio new-yorkais en terre parisienne. Comme l’aboutissement d’un parcours commencé du côté de Sainte-Marie, « lieu mythique du bélé, l’équivalent du guaguancó cubain ».  \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eAu début des années 1960, alors que l’économie tertiaire se développe au détriment des activités agricoles, terroir fertile des musiques racines en Martinique comme en Guadeloupe, des maisons de disques vont jouer le rôle de catalyseur de la vague des versions latines, qui déferlent sur les îles comme partout ailleurs. Il y eut notamment le producteur Célini (le formidable label Aux Ondes) et Marcel Mavounzy, frère du fameux soufflant Robert et patron des disques Émeraude, firme créée en 1953. Il y en aura bien d’autres, dont on trouve traces ici même, mais on ne manquera pas de pointer le rôle majeur d’Henri Debs qui se lance dans l’aventure discographique, avec un tel écho qu’il sera comparé par certains à Berry Gordy. Celui dont les premières compositions (un boléro et un chachacha alors qu'il vient d'acquérir son premier Teppaz) remontent au milieu des années 1950 sera le passeur des musiques caribéennes, le calypso comme le merengue, pas peu fier d’accueillir in situ des membres de la Fania All Stars, allant très tôt acheter ses disques à San Juan (Porto Rico) et les diffusant bien vite aussi à Fort-de-France via une enseigne tenue par un de ses frères. C’est aussi lui qui sera bientôt tout ouïe de la musique haïtienne, le compas direct puis les cadences qui vont sitôt inonder le marché. Résultat : nombres des combos passés en son mythique studio seront dopés à la variété des rythmiques « afro-latines ». Et ce sans renier son identité : les tambours gwo ka, instruments longtemps bannis des circuits « officiels », y tiennent une bonne place.  \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eC’est ce fourmillement créatif dont témoigne cette présente sélection, quatorze titres pour un brassage aussi intempestif qu’inédit, où toutes les musiques de l’archipel créole entrent à un moment ou à un autre en piste. Qu’elles soient d’essence rurale ou d’extraction plus urbaine, toutes rappellent « la trace du chant confisqué par l’esclavage » dont parlait Edouard Glissant lors d’un entretien autour de la place de musiques antillaises dans la sphère afro-américaine. « C’est le cas du jazz, mais aussi du reggae, du calypso, de la biguine, de la salsa… Cette trace s’exprime aussi dans les tambours : guadeloupéen, dominicain, jamaïcain, cubain… Aucun n’est le même, tous repartent de cette idée de trace, la cherchent et se mettent en relation. C’est cela qui est la marque de la diaspora africaine : cette capacité à créer de l’inédit par rapport à elle-même à partir d’une trace. Ce peut être le souvenir d’un rythme, la fabrication d’un tambour, une manière de dire qui utilise non pas l’ancienne langue mais les modalités de celle-ci. » \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eEn ouverture, on retrouve ainsi l’un des orchestres emblématiques de cette identité esthétique aux intersections de bien des musiques de ce prolifique archipel. Malavoi, mythique groupe foyalais, interprète en 1974 une superbe guajira de Ray Barretto, tambour majuscule de la scène new-yorkaise qui fut biberonné de Charlie Parker et Chano Pozzo. Et comme un symbole de cette réunion, la conclusion de cette compilation est signée par Los Martiniqueños de Francisco. Poteau mitan de la culture martiniquaise et militant impénitent des musiques afro-caribéennes, pratiquant les rondes de danmyé (sorte de capoeiria) au rythme du tambour bèlè, ce dernier envoie une terrible Caterete, une espèce de champeta d’obédience afro-colombienne composée par le Colombien Fabián Ramón Veloz Fernández pour le groupe Wgenda Kenya. Cerise sur le gâteau : le Brésilien Marku Ribas qui trouva refuge en Martinique au début des années 1970, donne de la voix sur ce titre qui incite à la transe.  \u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eCes deux « versions » fournissent le diapason de cette sélection, composée entre raretés et classiques du genre tropicalisé. Un cocktail que les Antillais ne manquent jamais d’épicer de leurs propres ingrédients, accents toniques comme rythmiques alambiquées. C’est le cas de la reprise de Dónde, célèbre thème cubain composé par le producteur Ernesto Duarte Brito, violon typique et voix piquante – Joby Valente, chanteuse martiniquaise de renom – pour ce qui est à notre connaissance l’unique 45-tours des Los Caraïbes. Quant à L’Ensemble Tropicana, qui regroupait des Haïtiens à l’instar du compositeur et leader Michel Desgrotte, son explicite Amor en chachachá rappelle au milieu des années 1960 la persistance de cette musique sous les tropiques. Ils firent danser aussi bien le Cocoteraie de Guadeloupe que la Bananeraie en Martinique. A la même époque, un autre band « étranger », le Ryco Jazz du Congolais Freddy Mars N’Kounkou, fit des passages remarqués dans les deux îles, parcourant lui aussi les classiques latin jazz à l’image de cette adaptation du Wachi Wara, une soul sauce de Dizzy Gillespie et Chano Pozo. Difficile de ne pas s’élancer sur la piste aux sons entremêlés des cordes et percussions. Tout comme on ne résiste pas à Dap Pinian, un surpuissant guaguancó d’Eugene Balthazar par l’Orchestre Tropicana publié sur la Maison des Merengues, fondée en Martinique. Tout un symbole du maelstrom à l’œuvre.  \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eSous le nom de Paco et L'orchestre Cachunga, Roger Jaffory s’adonne tout autant au guaguancó, avec Oye mi consejo, un titre d’inspiration de la Fania, entre autres. Baila !!!!!  La danse, c’est aussi tout l’à-propos des Kings – pas moins – qui interprètent Oriza, une bomba portoricaine du trompettiste nuevayorquino Ernie Agosto, un « classique » au lustre bien cuivré. C’est aussi dans le chaudron des barrios new-yorkais que La Perfecta, groupe martiniquais originaire de la Trinité, a trouvé son nom, référence directe à La Perfecta du totémique Eddie Palmieri. Les voilà ici qui empruntent Toumbadora au producteur et compositeur colombien Efraín Lancheros, où plus encore que les soufflants ce sont les percussions qui alimentent le feu. On en dira tout autant des Super Jaguars de la Martinique qui prennent prétexte de Tatalibaba, une composition du guitariste Cubain Florencio « Picolo » Santana, rendu célèbre par Celia Cruz \u0026amp; La Sonora Matencera, pour envoyer des cadences infernales. Dans un registre plus typiquement salsa, le Super Combo, fameux orchestre guadeloupéen originaire de Pointe-Noire et formé autour de la famille Desplan, Roger Plonquitte et Elie Bianay, adapte Serana, un thème de Roberto Angleró Pepín, compositeur, chanteur et musicien portoricain connu également pour son titre Soy Boricua. Là encore, leur vision n’est pas loin de surpasser l’originale.  \n\u003cbr\u003e \n\u003cbr\u003eAu virage relevé des années 1970, L’Ensemble Abricot fut le temps d’une poignée de titres au sommet de cet art de varier les plaisirs : boléros, biguines, compas direct, guaguancó et puis un bon vieux boogaloo, « pour toujours » comme ils disent en chœur. L’ensemble martiniquais rassemblé autour de Léon Bertide excelle sur celui composé par le saxophoniste portoricain Hector Santos pour le mythique groupe El Gran Combo. Trois ans plus tard, en 1972, Henri Guédon s’attaque au Bilongo rendu célèbre par Eddie Palmieri, avec le soutien de Paul Rosine au vibraphone. Classique !!!!! Un qualificatif qui colle aux Aiglons guadeloupéens. Suivant un tempo plus à la coule que l’original – à commencer par le clavier merveilleusement (dé)calé en lieu et place de l’accordéon –, ils rejouent  Pensando en tí, composition du Dominicain Aniceto Batista. Sur l’étiquète du 45-tours des plus recherchés, le premier publié par Les Aiglons sous étiquète Duli Disc, le titre est placé sous l’appellation générique « afro ». Tout un symbole.  \n\u003cbr\u003eJacques Denis\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"CD","offer_id":55096163369285,"sku":"BB0183CD","price":13.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/DOLORES-Cover-HD.jpg?v=1751880945"},{"product_id":"666-tours-de-periph-jessica93-lp","title":"666 Tours De Periph","description":"\u003cp\u003eJessica93 chez Born Bad, ça va mal finir en beauté, on le sait, mais restons calmes. Geoffroy Laporte, à nouveau seul contre tous, joue solo perché sur une boite à rythmes aux patterns d’avant-guerre du Golfe. Il alterne basse et guitare pour construire des boucles âpres et saturées, sur lesquelles il gueule doucement. C’est là que ça se corse : chaque clan le veut parmi les siens. Grunge, y’a comme un parfum oui, mais Jessica est pas nécrophage. Punk, certes, mais on parle plus de circuit de diffusion que d’identité. Cold wave, question d’ambiance, mais il a ni le matos ni le sérieux. La horde rock, sûre d’elle, l’a entendu chanter les cheveux dans les yeux, et vu jouer de la gratte plutôt que de la guitare…mais il a pas pris sa carte au Parti. Le Metal avait un truc à dire mais personne l’a écouté, à tort. Peut-être est-il temps de lui foutre la paix stylistique des braves, et d’apprécier que Jessica93 a érigé en musique de confort sa recette très personnelle du bouillon de seum.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003ePour qui l’a vu en concert, on tremble en pensant qu’il se lève le lendemain, et qu’il conduira 300 bornes pour recommencer une sieste plus tard, alors qu’on met une semaine à se remettre de la moitié de la même soirée. Comme tant d’autres soldats inconnus au bataillon de la musique, confinés en banlieue d’eux-mêmes. Pas un hasard si il s’est tatoué un 93 sur le blase, comme l’Underground a tenu à être de Villejuif, comme Noir Boy George était messin plutôt que français, ou Usé d’Amiens plutôt que de bon poil.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eAu coeur de ce pentacle culturel peint que les Bryan’s Magic Tears et Carine Krinator complètent, Jessica93 a construit un son validé par des années d’errance choisie, du RMI au RSA, des squats à la Station, multipliant les groupes aux noms joyeusement débiles, dans la jungle humide des petits labels.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eDans son premier essai, Jessica93 célébrait Omar Little, bandit gay du Baltimore d’HBO. C’est Porte de Pantin qu’il commence ses 666 tours de périph’, là où bascule Florence Rey, copkilleuse par accident. Geoffroy propose sa fine analyse : \" C’est la police qui nous tire d’ssus \/ C’est mon trou d’balle qui leur chie d’ssus \", sourire acab en coin, bras croisés comme sa Florence94 à la pommette abîmée. \u003cbr\u003eUn précédent disque était marqué par les punaises de lit, celui-ci parle essentiellement d’amour, un fléau délicieux tout aussi dur à éradiquer. Deux diamants noirs pointent sous la pochette délicieusement satanique premier degré. La colline du crack, crève-coeur total sur la tentation ultime des poisons violents. Le refrain génial de cette bluette, \" Prends moi la main et viens avec moi sur la colline du crack \" mettra fin aux rumeurs, presque tout est vraiment faux. Et son Bébé Requin à lui, vraie nécro alternative qu’on écoute en tremblant, chante, en duo-moins-un, \" on kiffe la drogue dure et les ptits chiens \". C’est pour ça qu’on affronte le mur de son sous une bruine de bière, bousculé par des coups d’épaule pas nécessaires : un peu de poésie couleur basalte, pudiquement planquée dans le sarcasme.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eLe reste du disque démontre le savoir-faire acquis en construction boucle par boucle de ruines plaisantes à squatter ensemble. On y déguste quelques delicatessen classiques de doom-à-vingt-balles, avec de vrais morceaux de métaux lourds dedans, fabriqués avec le soin maniaque typique des faux branleurs. On ne vous en voudra pas si vous n’aviez pas remarqué, mais Geoffroy Laporte chantait déjà parfois en français. Arthur Satàn, qui a produit et mixé chez lui, à Bordeaux, a achevé de lui sortir la tête de la reverb. Et Jessica93 en a profité pour basculer du côté obscur de la langue : ça valait le coup d’attendre, on va enfin pouvoir chanter en choeur \"nique sa mère \/ nique sa grosse mère\" .\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS (FOURNISSEUR)","offers":[{"title":"LP","offer_id":55113257648453,"sku":"BB0192LP","price":23.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/Jessica93-cover-HD.jpg?v=1752055332"},{"product_id":"melchior-volume-1-forever-pavot-12inch","title":"MELCHIOR (Volume 1)","description":"\u003cp\u003eEmile Sornin a un robot dans sa vie. C’est pas de l’amour, c’est pas de l’amitié non plus, et c’est chez Born Bad que Forever Pavot sort un album pour en parler. Après quelques albums de studio bravement pop, ainsi qu’une petite collection de BO, Emile a eu besoin d’un break. Pour y mettre fin, en bon flemmard hyperactif, avec Jonas Euvremer, il s’est lancé dans la fabrication d’un automate dont la fonction était de lui simplifier la vie. Melchior, qui donne son nom au disque, a une gueule de mannequin de ventriloque, deux mains gauches, des fringues preppy, et un cerveau de silice. Ce cousin boy-scout de Bender doit se fader les entretiens et les réseaux sociaux à la place d’Emile Sornin, prendre la lumière pour lui garantir une sieste à l’ombre. Le plan a marché admirablement : Melchior gère la promo, et son existence même a remis notre homme au boulot.\u003cbr\u003e \u003cbr\u003eCe nouvel album, c’est un dérapage controlé sur l’échangeur qui connecte son dernier disque « L’idiophone », à une nouvelle artère nettement plus phat et quasi totalement anglophone. Pur cholestérol sous les peaux, et basse subcontinentale dans nos visages : ce disque a été electroniqué savamment par Melchior. Le demi-androïde partage d’ailleurs avec Sornin les crédits de composition et les parties vocales de ce disque, vocodées savemment, avec du beau linge en featuring. Pas jaloux, il laisse la place à une invitée de choix sur « UFO » et « Waiting for the sign » : l’increvable Lispector, Julie Margat, qui chante et cosigne les paroles de ces deux bang- bangers, qui posent le cadre narratif avec brio. Kumisolo, délicate japonaise in Paris, lui a aussi envoyé « Postcard », véritable vapeur de chanson, qui prend le volume d’une barbapapa dans une fête foraine d’arrangements. Domotic, qui mixe et coproduit, co-frappe sur « Count to 10 », crossover hip-hop \/ kraut goût BEAK\u0026gt; avec, comme l’ensemble de cet album, une tendance à faire plus avec moins. Petite révolution, Forever Pavot, jadis quasi big-band en concert, tournera en trio basse \/batterie \/ clavier-chant, avec Melchior en guest.\u003cbr\u003e \u003cbr\u003eEmile Sornin a beau salement se dévergonder, Pavot reste forever lié à une certaine tradition de la musique de cinéma des trente glorieuses. On se refait pas totalement. Les tontons Ennio Morricone \u0026amp; François de Roubaix font des cameos façon Hitchcock : des apparitions discrètes qu’on guette avec plaisir (arrangements de phonèmes en cascades syncopées à la fin de « UFO », et puis faites pas les difficiles, vous reprendrez bien un peu de tiramisu clavicorde\/ ondioline).\u003cbr\u003eDe disque en disque, Emile Sornin est devenu un analphabète musical de plus en plus lettré. Ca commence à s’entendre qu’il s’y entend en arrangements. Ca contrepointe dans les fourrés de cette musique touffue, maquis de trouvailles anciennes et modernes. « Le robot gentilhomme », habile pastiche de Jean-Baptiste Lully, tiendrait quelques rounds face à Wendy Carlos. Son amour courtois pour les vieilleries de qualité s’exprime aussi sur « Skyway », hochement de tête appuyé au regretté Pierre Arvay, le Colonel Sanders des nuggets de l’illustration musicale.\u003cbr\u003eBref, ce nouveau flirt n’est pas du tout une relation toxique, Melchior est sous-titré « Vol. 1 » : la robo-bromance continuera.\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"LP","offer_id":55152363635013,"sku":"BB0190LP","price":23.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/Melchio-forever-pavot-Cover-HD.jpg?v=1752672113"},{"product_id":"melchior-volume-1-cd-forever-pavot-cd","title":"MELCHIOR (Volume 1)  - CD","description":"\u003cp\u003eEmile Sornin a un robot dans sa vie. C’est pas de l’amour, c’est pas de l’amitié non plus, et c’est chez Born Bad que Forever Pavot sort un album pour en parler. 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Pur cholestérol sous les peaux, et basse subcontinentale dans nos visages : ce disque a été electroniqué savamment par Melchior. Le demi-androïde partage d’ailleurs avec Sornin les crédits de composition et les parties vocales de ce disque, vocodées savemment, avec du beau linge en featuring. Pas jaloux, il laisse la place à une invitée de choix sur « UFO » et « Waiting for the sign » : l’increvable Lispector, Julie Margat, qui chante et cosigne les paroles de ces deux bang- bangers, qui posent le cadre narratif avec brio. Kumisolo, délicate japonaise in Paris, lui a aussi envoyé « Postcard », véritable vapeur de chanson, qui prend le volume d’une barbapapa dans une fête foraine d’arrangements. Domotic, qui mixe et coproduit, co-frappe sur « Count to 10 », crossover hip-hop \/ kraut goût BEAK\u0026gt; avec, comme l’ensemble de cet album, une tendance à faire plus avec moins. Petite révolution, Forever Pavot, jadis quasi big-band en concert, tournera en trio basse \/batterie \/ clavier-chant, avec Melchior en guest.\u003cbr\u003e \u003cbr\u003eEmile Sornin a beau salement se dévergonder, Pavot reste forever lié à une certaine tradition de la musique de cinéma des trente glorieuses. On se refait pas totalement. Les tontons Ennio Morricone \u0026amp; François de Roubaix font des cameos façon Hitchcock : des apparitions discrètes qu’on guette avec plaisir (arrangements de phonèmes en cascades syncopées à la fin de « UFO », et puis faites pas les difficiles, vous reprendrez bien un peu de tiramisu clavicorde\/ ondioline).\u003cbr\u003eDe disque en disque, Emile Sornin est devenu un analphabète musical de plus en plus lettré. Ca commence à s’entendre qu’il s’y entend en arrangements. Ca contrepointe dans les fourrés de cette musique touffue, maquis de trouvailles anciennes et modernes. « Le robot gentilhomme », habile pastiche de Jean-Baptiste Lully, tiendrait quelques rounds face à Wendy Carlos. Son amour courtois pour les vieilleries de qualité s’exprime aussi sur « Skyway », hochement de tête appuyé au regretté Pierre Arvay, le Colonel Sanders des nuggets de l’illustration musicale.\u003cbr\u003eBref, ce nouveau flirt n’est pas du tout une relation toxique, Melchior est sous-titré « Vol. 1 » : la robo-bromance continuera.\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"CD","offer_id":55152363700549,"sku":"BB0190CD","price":13.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/Melchio-forever-pavot-Cover-HD_da5d2f8f-fc7c-41d4-a002-9706f7abe3ca.jpg?v=1752672118"},{"product_id":"guerre-froide-guerre-froide-lp","title":"Guerre Froide","description":"\u003cp\u003eNovembre 1981 – Au coeur de l’automne, nous sommes partis à 2 voitures par la Nationale 1 (!) pour rejoindre Choisy-le-Roi où nous attendait ce studio 16 pistes qui allait enfin nous permettre en 2 jours de week-end de creuser nous aussi nos sillons dans le vinyle. Nous étions assez fébriles car cela faisait quand même 1 an et demi que Guerre Froide existait. Nos aînés de Kas Product avaient déjà sorti 2 EP de 4 et 3 titres en 1980 tout en ayant débuté quelques mois avant nous. Certes, il n’y avait pas vraiment d’urgence puisque pour certains d’entre nous qui étaient issus du mouvement punk l’ambiance était toujours au No future, même si nous n’étions plus dupes depuis longtemps … Pourtant d’autres y avaient vraiment laissé leur peau, comme ceux de la génération précédente. Les raisons en étaient ironiquement la plupart du temps les mêmes : héroïne et\/ou amour, des drogues dures … Tiens, justement, j’avais un terrible mal de ventre, dû à l’appréhension ou à une certaine forme de tension, qui nous a contraint à nous arrêter dans l’Oise pour me permettre de foncer aux toilettes d’un troquet. Le même désagrément gastrique se reproduirait ensuite après avoir atteint le studio dont j’ai par ailleurs oublié le nom …\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eNous étions arrivés là par la généreuse volonté d’un ami, Sylvain S. dit « Perlin » (quelle coïncidence phonétique !?), qui avait spécialement créé pour nous produire le label Stechak Products. Stechak parce que c’était cohérent vis-à-vis de sa précédente association baptisée Tchernoziom et Products en hommage pluriel aux défricheurs nancéiens.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eGuerre Froide avait d’abord compté 4 membres : Fabrice Fruchart à la guitare-synthé (Korg MS 20), Patrick Mallet à la basse et Gilbert Deffais dit « Bébert » à la boîte à rythmes Korg. A ce moment-là, je chantais déjà dans un groupe rock-post punk appelé Stress et c’est ainsi que Guerre Froide a pris la mauvaise habitude de répéter dans la même cave amiénoise que Stress. En un mois ou deux, nous avions une demi-douzaine de compositions. Nous avons alors eu l’opportunité de réaliser dans la foulée une demo 4 titres avec un ami de Radio France Picardie et de participer en octobre à un festival au cirque municipal d’Amiens. Puis il y eut le fameux concert du 11 novembre au B.J.’s Club. Ensuite nous avons produit et édité à 50 exemplaires en total D.I.Y. une cassette intitulée Cicatrice. Quelques concerts plus tard, alors qu’entre-temps Jean-Michel Bailleux nous avait rejoint pour tenir la basse, pendant que Patrick prenait une guitare avec laquelle il se sentait plus en phase et que nous commencions à avoir des projets plus précis, nous avons été obligés de changer de lieu de répétition et de louer une salle. Et vint ce moment où Fabrice nous annonça qu’il nous quittait pour aller étudier à Lille … Après le concert du 19\/06\/1981 logiquement qualifié d’Adieu à 2F, Marie-José, la femme de Bébert, s’est proposée pour être au synthé.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eC’est alors que Perlin, qui appréciait beaucoup notre musique et était un proche ami du couple Deffais, nous a proposé de se charger intégralement de la production d’un maxi 45 tours 4 titres, en l’occurrence de payer le studio, la gravure, le pressage et la pochette. Quel groupe débutant n’aurait pas accepté ? Un contrat improvisé a été signé avec chacun des membres de Guerre Froide. Il a d ‘abord fallu faire le choix des 4 titres que nous aurions à enregistrer. Berlin 81 s’est imposée car c’était déjà la chanson emblématique du groupe. Nous voulions éviter de revenir sur d’autres titres figurant sur Cicatrice. La priorité était donc ensuite à la nouveauté et il y en avait eu avant et après le départ de Fabrice. Ersatz par exemple lui est due, mais pas Mauve et Peine perdue qui ont également été sélectionnée et qui sont deux compositions de Patrick.\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"12inch","offer_id":55306607329605,"sku":"BB0072LPSTD","price":22.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/MockupssimpleLP_5_6dd6ba45-7f15-4bae-95ab-fe25288fa362.png?v=1756219632"},{"product_id":"stephan-eicher-spielt-noise-boys","title":"SPIELT NOISE BOYS","description":"\u003cp\u003eIssu d’une K7 tirée à 25 exemplaires en 1980, ces morceaux enregistrés à l’arrache sur un dictaphone et sur du matériel volé, laisse déjà entrevoir le succès que Stephan Eicher connaitra avec son frère l’année suivante et le projet GRAUZONE (Remember leur hit « Eisbar » )\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eBref, synthé Chetifs, chant habité, et boites à rythme au supplice….découvrez le côté obscur de Stephan Eicher !\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003e\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eMünchenbuchsee, banlieue de Bern, Suisse. Stephan Eicher est le cadet d’une famille de 3 enfants. Le père, réparateur en radio-télévision, est aussi  violoniste de jazz et bidouilleur sonore à ses heures perdues. Dans l’abri atomique de la maison familiale reconverti en studio pour l’occasion, monsieur Eicher déglingue des séquenceurs maison, torture des boîtes à rythmes artisanales et violente des magnétos à bandes sous l’œil émerveillé du petit Stephan.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eLe jeune homme développe donc rapidement sa curiosité musicale en multipliant les expériences et déambulations sonores. Avec son petit frère Martin notamment, Stephan bricole sur un multipiste made in Eicher (plusieurs lecteurs K7 montés en série !) de petites pièces de théâtre sonores qu’ils écrivent, enregistrent, bruitent et interprètent pour les diffuser à leurs proches. De gentils petits gars en somme…..\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eIl faut donc attendre 1972 que Lou Reed sorte son album Transformer pour que la progéniture Eicher bascule. Pour Stephan (13 ans), c’est la révélation, et « Vicious » (le titre qui ouvre l’album) squatte sa platine pendant de longs mois. Il convainc alors son père de lui offrir une guitare électrique. Dans la foulée, ce dernier ne résiste également pas à l’envie de lui fabriquer un ampli à lampes en détournant de son usage premier une ancienne radio.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003ePuis vient l’adolescence. Difficile. Stephan quitte la maison à 16 ans et part s’installer à Zurich. Lui qui présente de réelles prédispositions artistiques incite sa prof de dessin à le pistonner pour entrer – en dépit de son jeune âge –  à l’école F+F, version alternative et radicale des Beaux-Arts. Reçu, il se familiarise avec les techniques vidéo, bien décidé à devenir cinéaste.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eA F+F, Stephan organise des happenings et concerts Dada avec une petite troupe de potes baptisée Noise Boys.  Au sein de la bande se trouve un des profs de Stephan, à la basse ; Veit Stauffer, à la batterie, qui fondera plus tard le label Recommanded Records (Rec Rec) ; sa copine Sacha, au chant, et lui à la guitare. Lors de l’une de leurs premières performances, ils mettent au point une souris télécommandée recouverte de lames de rasoir émoussées qu’ils lancent dans le public pour susciter la panique et le chaos. Toujours dans cette dynamique d’agression et de violence, Ils se produisent aussi en concert avec, sur les oreilles, des casques diffusant Tristan et Iseult, tout en essayant de jouer leurs morceaux, dans un souci d’optimiser la cacophonie. L’idée est à chaque fois de vider la salle. Ces morceaux, si le terme « morceaux » a un sens, sont à l’avenant. Ainsi en est-il d’«Hungeriges Afrika », joué exclusivement avec des perceuses et quelques feedbacks de batterie.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eParce qu’il faut bien manger, Stephan retourne les week-ends à Bern où il a trouvé un petit boulot de serveur au Spex Club, la salle punk de la ville. Le 16 Septembre 1980, soir de concert où joue Starter, groupe proto-electro, la police fait une descente et embarque tout le monde. Stephan, qui a échappé à la rafle, saisit l’opportunité pour « emprunter incognito » le matos des Starter resté sur place. Il se retrouve ainsi avec, à disposition, un clavier Roland Promars, un Korg MS20 et une sublime CR78 Beat Box qu’il fait passer dans une pédale de distorsion Big Muff pour avoir le son crado qui va bien.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eIl tente alors de reproduire seul quelques titres du répertoire des Noise Boys, qu’il se réapproprie au gré de délires enregistrés sur un dictaphone (oui, un dictaphone, vous comprenez mieux désormais le son cheap des morceaux, n’est-ce pas ?). Il baptise ensuite ironiquement la K7 issue de cette session improvisée Stephan Eicher spielt Noise Boys. Cette merveille comporte sept morceaux qui sont ceux que vous retrouvez ici réédités.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eDe retour sur Zurich, il file voir ses amis Andrew Moore et Robert Vogel, qui ont un plan duplication de K7. Ils tirent ainsi 25 copies de Stephan Eicher spielt Noise Boys pour lui et ses potes.  Robert Vogel lui suggère tout de même de rendre visite à son copain Urs Steiger d’Off Course Records pour lui faire écouter le bijou.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eSans grande conviction, Stephan se rend donc au bureau d’Urs qui, immédiatement séduit, lui propose de sortir un 45 tours.  Par manque de place sur le disque, tous deux se résignent à sacrifier deux titres sur les sept enregistrés (« Hungeriges Afrika » et « One Second »). Quant à la partition qui illustre la pochette, celle-ci a été piquée au hasard et n’a toujours pas livré son secret. Avis aux érudits qui savent lire la musique !\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eLe 45 tours, pressé à 750 exemplaires, sort la première semaine de décembre 1980 – Stephan s’en souvient car c’est cette même semaine qu’a été tué John Lennon. Urs, bien avisé, en envoie un exemplaire promotionnel à Francois Murner, le « John Peel Suisse », chez Sounds, radio alternative. Ce dernier s’éprend immédiatement du disque et commence à le diffuser. Stephan découvre alors, étonné, que les ventes suivent et que sa musique peut intéresser du monde.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eCette reconnaissance, tout underground qu’elle puisse être, effraie Stephan Eicher qui arrête pendant un an la musique et part pour Bologne comme programmateur à Radio Citta, une radio féministe.   \u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eDe son côté, le petit frère de Stephan, Martin, qui fréquente aussi le milieu punk, rejoint au chant et à la guitare le groupe Glueams, éponyme du fanzine qu’éditent deux des membres du groupe (le batteur, Marco Repetto, et le bassiste, GT). Pour entériner ce changement de line up, Glueams se rebaptise Grauzone et Stephan est convié lors des concerts du frangin à venir balancer sur scène des images bidouillées en super 8.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eUrs Steiger d’Off Course, qui travaille par ailleurs sur son projet de compil Swiss Wave The Album, demande à Grauzone d’y participer aux côtés de Liliput, Jack and the Rippers, the Sick et Ladyshave (Automne 1980).\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003ePour les besoins du disque, Martin charge son frère de conduire les sessions d’enregistrement. Sous la direction artistique de Stephan, deux titres, « Raum » et « Eisbär », voient ainsi le jour. Pendant l’enregistrement d’« Eisbär », Martin joue une ligne de basse minimale empruntée au groupe post punk Feelies (corde jouée à vide). Le batteur Marco Repetto rame et peine à tenir le rythme. Le soir venu, Stephan, mécontent des prises, se résigne à fabriquer une boucle de batterie de quatre mesures avec une bande magnétique ¼ de pouce qu’il passe en loop, en lieu et place de la boiteuse prise initiale. Il ne lui reste plus qu’à étoffer le morceau de bip-bip et de bruits de vent pour parachever l’ambiance antarctique et remettre les bandes à Urs. La compil Swiss Wave The Album sort d’abord timidement, puis les choses s’accélèrent grâce au morceau « Eisbär » avant de devenir le raz-de-marée que l’on sait avec ses 600 000 singles vendus.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eStephan joue alors dans le groupe rockabilly SMUV (nom de la sécurité sociale suisse) et commence à produire quelques artistes dont le premier album de Starter (1981), album d’electro pop ou figure une version popisée de « Minijupe ».\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eDébut 82, Stephan se met à traîner régulièrement avec le groupe de filles post-punk Liliput (ex Kleenex). Elles sont plus âgées que lui et il est ravi de pouvoir mettre à leur disposition sa Renault Major, et leur servir ainsi de roadie.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eEn 1983, Grauzone, dont la signature chez la major EMI a été une erreur, est déjà moribond, et Stephan amorce gentiment son virage variété avec un premier album, Les Chansons bleues, mais tout cela est déjà une autre histoire…\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"LP","offer_id":55529413607749,"sku":"BB0024LPBW","price":23.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/a1671729914_10.jpg?v=1756742162"},{"product_id":"various-artists-wizzz-french-psychorama-1967-1975-volume-5","title":"WIZZZ - French Psychorama - 1967\/1975 - Volume 5","description":"\u003cp\u003eLe voyage dans les archives pop francophones se poursuit avec ce cinquième volume gorgé de fuzz, de gimmicks et de contestation. Loin des hit-parades, les titres sélectionnés témoignent d’une grande liberté créatrice, souvent épaulée d’un humour corrosif. Bienvenue dans l’univers surprenant, kaléidoscopique et coloré des late-sixties et early-seventies, Wizzz !\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eOriginaire de Montauban, Robert Pico vient à la chanson par hasard quand il rencontre René Vaneste, directeur artistique chez Pathé-Marconi. Ce dernier le fait monter à Paris pour un premier 45 tours EP en 1964. Un an plus tard, Pierre Perret le fait entrer chez Vogue où il enregistre son deuxième disque avec l’orchestre de Claude Nougaro, puis Sylvie Vartan l’introduit chez RCA où il enregistre quatre 45 tours dont l’étonnant jerk Chien Fidèle soutenu par une guitare fuzz ébouriffante. Parallèlement à sa carrière solo, il compose pour d’autres artistes : Alain Delon (un titre enregistré mais resté inédit), Magali Noël, Bourvil ou Georges Guétary. Dans le Paris des sixties, il fréquente Mireille Darc, Elsa Martinelli, Marie Laforet, France Gall, Françoise Hardy, Petula Clark, Régine, Dani, Serge Gainsbourg, Joe Dassin, Franck Fernandel, Charles Level ou Roland Vincent. Malgré ses efforts et un grand prix Sacem obtenu pour son ultime disque, Robert Pico ne rencontre pas le succès espéré dans le show-business et décide de quitter Paris pour retrouver le Sud-Ouest où il se consacre à l’écriture. Auteur de 23 livres (dont Delon et Compagnie, Éditions Jean-Marc Savary 2025, consacré à ses souvenirs de jeunesse et à ses nombreuses rencontres), il est aujourd’hui soulagé de n’être jamais devenu vedette et poursuit son œuvre avec passion.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eEn 1969 sort le film franco-italien Erotissimo du réalisateur Gérard Pirès (auquel on doit Taxi sorti en 1998, écrit et produit par Luc Besson). Cette comédie pop réunit Annie Girardot, Jean Yanne, Francis Blanche, Serge Gainsbourg, Nicole Croisille, Jacques Martin ou encore Patrick Topaloff ; la musique est écrite par Michel Polnareff et William Sheller avec le concours de Jean-Lou Dabadie pour les paroles. « La Femme Faux-cils » interprétée par Annie Girardot évoque les émois d’une riche épouse de PDG qui souhaite développer son sex-appeal sous l’influence de la publicité et des magazines. Groovy, pétillant et léger, ce titre aux arrangements luxuriants critique avec humour la société consumériste et les standards de la beauté conjuguée au féminin.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e« Je suis l’état » (1967) est le titre-phare du premier 45 tours EP du chanteur-compositeur-interprète Spauv Georges alias Georges Larriaga, plus connu sous le nom de Jim Larriaga (1941-2022). Né de parents boulangers, le jeune homme se destine à la coiffure quand il découvre les musiques anglo-saxonnes à travers Elvis Presley et les Beatles. Suite à ce choc, il décide de devenir auteur-compositeur et se donne cinq ans pour réussir. Il enregistre ses deux premiers disques à compte d’auteur pour le label RCA sous le pseudonyme de Spauv Georges, soit le sobriquet donné dans sa jeunesse par la mère de son ami Jean-Pierre Prévotat (futur batteur des Players, du groupe Triangle ou de Johnny Hallyday). Incarnant un jeune homme dépressif et décalé, Spauv Georges crée des chansons corrosives et amusantes qui ne rencontrent pas le grand public, malgré un passage télé chez Jean-Christophe Averty. \u003cbr\u003eConseillé par son fidèle ami auteur-compositeur Jean-Max Rivière, Georges Larriaga rencontre au début des années 70 le futur chanteur Carlos, alors secrétaire de Sylvie Vartan. Il écrit pour lui « La vie est belle », « Y’a des indiens partout » ou encore « La cantine », énorme succès populaire en 1972. Il compose également pour Claude François (« Anne-Marie », 1971), Charlotte Julian (« Fleur de province », 1972), participe au lancement de l’enfant-chanteur Roméo (4 millions de disques vendus), et signe plus tard le hit « Pas besoin d’éducation sexuelle » (1975) pour la jeune Julie Bataille. En 1971, Jim enregistre un album pour Disc’Az: « L’univers étrange et fou de Jim Larriaga », qui contient des perles pop comme « La maison de mon père ».\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eL’histoire de la chanson Zoé commence quand Pierre Dorsay, directeur artistique chez Vogue, propose au chanteur et musicien suisse Pierre Alain d’écrire pour une nouvelle chanteuse. L’inspiration lui vient quand il s’aperçoit que Zoé (le nom de l’artiste) est aussi le nom de la première pile atomique française crée en 1948, constituée d’oxyde d’uranium plongé dans l’eau lourde ! Le texte évoque un bouillonnement d’énergie à manipuler avec précaution, tandis que l’instrumentation fait écho à cette thématique atomique avec notamment l’utilisation d’un thérémine. \u003cbr\u003eLa carrière de Zoé n’a duré que le temps d’un 45 tours mais il semble que la vocaliste cachée derrière ce pseudonyme soit Christine Fontane, responsable de plusieurs EP’s, d’un bon album dans le style « popcorn » en 1964 et d’une poignée de 45 tours pour enfants dans les années 1970. Quoi qu’il en soit, c’est encore une autre fille qui est photographiée sur la pochette. \u003cbr\u003ePar la suite, Pierre Alain a poursuivi sa carrière, écrivant des chansons pour lui-même ou Marie Laforêt, Danièle Licari, Alice Dona, Arlette Zola (3ème à l'Eurovison en 1982) et obtenant une brassée de disques d'or et de platine au Canada. Inventeur avec plusieurs brevets à son actif, président de l’Académie romande, du Cercle des Rousseauistes, académicien rhodanien des Lettres, membre de l'Alliance française qu'il présida à Genève, il compose maintenant des musiques atonales, des livres et des poèmes. Il dirige par ailleurs \"Les Mardis de Pierre Alain\" au \"P'tit Music'Hohl\" de Genève où il chante et invite d'autres talents.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eGorgé de chœurs orientaux et de guitare fuzz, « Fou » est issu de l’unique 45 tours EP Vogue de Jacques Da Sylva sorti en 1967. Malgré la qualité de cet enregistrement, la trace du chanteur disparait après ce premier effort.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eValentin est un chanteur de pop baroque né en Belgique, auteur et compositeur de la majorité des titres de ses trois 45 tours parus à la fin des années 60 au Canada. Une légende voulait qu’il se soit réincarné en Jacky Valentin au cours des seventies pour une carrière rock’n’roll revival en Belgique mais son frère ainé nous a hélas démenti l’information. Les deux premiers singles de Valentin sont arrangés par Claude Rogen, pianiste de studio parisien venu au Canada pour assurer la promotion de la chanson « Mister A Gogo », soit la reprise du « Laughing Gnome » de David Bowie adaptée par la chanteuse Delphine son épouse d’alors. Loin de son réseau habituel, Claude Rogen assure des arrangements pour Polydor, dont ceux de « Je suis un vagabond » en 1969, jerk à cordes à l’optimisme rageur.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eJacques Malia écrit, compose et enregistre son unique 45 tours EP pour Festival en 1966. « Histoire de gitan » est un incroyable titre beat avec scat bohémien qui relate les aventures d’un musicien gitan monté à Paris pour réussir dans le Music-Hall, sans succès. Le héros de la chanson et son auteur ont sans doute connu un destin similaire, Jacques Malia étant retombé dans l’anonymat après cette étonnante tentative.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eBernard Jamet a enregistré deux 45 tours EP Barclay à la fin des sixties et co-signé une poignée de titres avec Christine Pilzer, Pascal Danel ou les prolifiques auteurs-compositeurs Michel Delancray et Mya Simile. Le titre « Raison Légale » (1968), son chef d’œuvre, plonge l’auditeur en plein tribunal à l’heure du jugement d’un assassin, sur un rythme jerk avec arrangements free. Une bizarrerie paranoïaque, juridique et psychédélique unique en son genre.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eJean-Pierre Lebrot-Millers commence sa carrière dans le show-business en 1967 en tant que chanteur et compositeur pour la marque Philips. Après trois 45 tours, il compose quelques titres d’un nouveau genre avec son ami Pierre Halioche dans le contexte de libération sexuelle et de démocratisation des drogues. Portées par des paroles sulfureuses, « Les filles du hasard » et « Barbara au Chapeau Rose » paraissent sur un 45 tours Philips en 1968. Le personnage de Barbara est inspiré d’une reine des nuits parisiennes des années psychédéliques : la model Charlotte Martin qui fut la compagne d’Eric Clapton de 1965 à 1968, puis de Jimmy Page de 1970 à 1983. Les arrangements de Jean-Claude Petit avec tablas en intro, cuivres soul et guitare hendrixienne soulignent la flamboyance d’un personnage hédoniste et sexy, dont le chien s’appelle Junkie car « Junkie est un nom exquis » ! Le titre est enregistré en direct avec l’orchestre au complet, en 3 prises. \u003cbr\u003eAussitôt après sa sortie, le disque est censuré par Europe 1 et RTL pour ses allusions aux paradis artificiels. Jean-Pierre Lebrot est alors interdit d’antenne, puis remercié par sa maison de disques. Il change son nom d’artiste en Jean-Pierre Millers tandis que son comparse Pierre Halioche se transforme en D. Dolby pour une nouvelle composition onirique, « Chilla », que Jean-Pierre produit lui-même et qui bénéficie d’arrangements signés Jean Musy. Encore une fois, la chanson est immédiatement censurée partout. Après ce nouvel écueil, il décide d’arrêter de chanter et enchaîne les petits boulots pour subvenir aux besoins de sa femme suédoise et de leur fils jusqu’au jour où il rencontre Jean-Pierre Martin alors directeur de production chez Decca, qui a travaillé avec Manu Dibango. Il propose à Jean-Pierre Lebrot-Millers alors employé chez Rank Xerox, de devenir directeur artistique chez Decca. Il accepte et devient un an plus tard directeur de promotion (radios, presse, télévision), s’occupe du premier disque de Julio Iglesias pour Decca qui devient un tube énorme et lui permet de rencontrer Claude Carrere. Ce dernier lui demande d’écrire de nouvelles chansons et d’en trouver les interprètes comme un « talent-scout », c’est ainsi que Jean-Pierre découvre Julie Pietri ou Corinne Hermès. Il compose « Ma Pompadour » pour Ringo, le mari de Sheila et reprend le micro pour le hit syncopé « Rendez-Vous » en 1982. \u003cbr\u003eLa même année, Jean-Pierre Lebrot-Millers tente de sortir un titre pour lequel il s’est lourdement endetté : « Si la vie est un cadeau ». Il l’a enregistré à Londres et le présente à d’innombrables professionnels qui refusent tous de s’engager. Même topo du côté d’Antenne 2 et de la Sacem quand il propose la chanson pour représenter le France à l’Eurovision. Puis il rencontre Haïm Saban, qui produit des musiques de dessins animés et vient de lancer le générique de Goldorak. Saban écoute la chanson et déclare que c’est un tube en puissance. Il envoie Jean-Pierre et Corinne Hermès rencontrer le PDG de la radio et de la télévision du Luxembourg. Ce dernier les reçoit, demande à écouter un couplet et un refrain a capella dans son bureau, et les engage aussitôt pour représenter le Luxembourg à l’Eurovision 1983. Ils refont les arrangements, un nouvel enregistrement et Haïm Saban devient coproducteur. La chanson gagne l’Eurovision 1983, belle revanche pour notre héros. Il enchaîne les productions et traine avec le groupe Nacash en Belgique quand un couple vient lui présenter leur fille pour une audition improvisée dans une chambre d’hôtel. La fillette chante « Les démons de minuit » en dansant au son d’un radio-cassette. Emballé, il lui fait prendre des cours de chant pendant un an, lui compose une chanson (il a une mélodie et un titre mais pas de paroles) et cherche un parolier, ce sera Guy Carlier. Ils enregistrent la chanson qui est alors un slow au studio CBE de Bernard Estardy et donnent un nouveau prénom à la chanteuse : Melody. La chanson est proposée au métier sans succès, puis Estardy appelle Jean-Pierre pour lui dire qu’il faut changer le rythme et faire un pop-rock. Le résultat plait énormément à Orlando, frère de Dalida, qui décide de coproduire le titre, « Y’a pas que les grands qui rêvent » qui devient un classique. Depuis la chanson a été reprise par Juliette Armanet (en slow, comme à l’origine) ou Valentina.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eIssu d’une famille d’aristocrates bretons, Hervé Mettais-Cartier est animateur au Queen Kiss, une discothèque de Poitiers, quand il crée le groupe Les Concentrés avec Michel (comédien) et Christian (technicien radio). Ensemble, ils bâtissent un répertoire de chansons délirantes (« Ma bique est morte », « J’suis un salaud », « Fils de dégénéré »… ) qu’ils défendent sur scène tout de blanc vêtus (en hommage au « lait concentré »). Ils se produisent au Bliboquet et à l’Olympia en 1968 pour la 10° édition des « Relais de la chanson Française » organisés par L’Humanité-Dimanche et Nous les Garçons et les Filles sous le patronage de Pepsi Cola. Lauréats dans la catégorie auteurs-compositeurs aux côtés de la chanteuse Dorte (Danemark), ils bénéficient d’une visibilité qui leur permet d’enregistrer un 45 tours et de passer à la télévision dans l’émission de Jean-Christophe Averty. La face A du disque présente « Bruno le ravageur », casatchok dédié à Bruno Caquatrix le directeur de l’Olympia, surnommé dans la chanson « Coq Atroce » ou « croque-actrices », tandis que la face B est consacrée à « Fils de dégénéré », hommage farfelu aux origines aristocratiques d’Hervé qui mêle l’absurde à de savantes harmonies vocales. \u003cbr\u003eAprès les Concentrés, Hervé Mettais-Cartier crée le duo La Paire et sa Bêtise avec son ami Olivier Robert. Ils se produisent dans les cabarets parisiens et partent en tournée avec Pierre Vassiliu. À la fin des années 70, Hervé Mettais-Cartier se lance dans une carrière solo. Il enregistre deux albums pour le label Motors en 1978 et 1979 qui ne rencontrent pas le succès espéré faute de promotion. En 1980 il rencontre Bernadette avec laquelle il fonde une famille et crée un spectacle de « chansons à voir » qu’il défend jusqu’à son décès fin 2024.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003ePublicité est issu du dernier 45 tours EP des Missiles (Ducretet Thomson, 1966), un disque qui contient aussi « La (nouvelle) guerre de cent ans », incluse sur le volume 4 de notre série Wizzz ! Merci de vous reporter au livret pour (re)découvrir l’histoire du groupe.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e« Il mesure 1 m 82, il a 28 ans, il pèse 135 kg, il est noir et belge » : voici la description du chanteur Hegesippe que l’on peut lire au dos de son unique single (Decca, 1967). Il apparait sur les photos de pochette vêtu d’une toge grecque tel un gag hippie en cette fin d’année 1967. Dans « Le crédo d’Hegesippe », cet ex-gorille d’Antoine et des Charlots joue la savoureuse carte de la brute épaisse convertie au Flower-Power et à la non-violence, sur des arrangements signés Jean-Daniel Mercier aka Paul Mille.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e« Ethéro-disco » est paru sur un disque publicitaire destiné aux clients de la société Maréchal (Liège, Belgique) pour la nouvelle année 1979. Sur un rythme funky se succèdent les imitations de célébrités (Brigitte Bardot, Jacques Dutronc, Fernandel… ) délivrant un texte énigmatique traitant de produits pharmaceutiques comme l’éther, le bismuth ou l’aspartate. Le titre est composé par Dan Sarravah (responsable du « Hold-up inusité » de Joanna inclus sur Wizzz ! Volume 3) et Tony Talado, à la fois chanteur (un 45 tours en 1967), auteur-compositeur (une quinzaine de références entre 1964 et 1985 dans des styles très divers allant de la surf music au disco en passant par les variétés), auteur (Devenez Végétarien, éditions Dricot 1985), dessinateur publicitaire et psychologue.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eDécollez-les occupe la face A de l’unique 45 tours de Mamlouk, un pseudonyme pour Marsel Hurten auquel on doit quelques EP’s à la fin des sixties mais aussi les musiques de « Capri, c’est fini » pour Hervé Vilard, « la Haine » pour Claude Channes, « On m’a toujours dit » pour Annie Philippe ou « Panne de Cœur » pour Nancy Holloway. \u003cbr\u003eCette étrange chanson aux cuivres afro-beat ponctuée des dialogues délirants entre un chef de cuisine et ses commis, est le résultat d’une collaboration entre Marsel Hurten et l’un de ses voisins photographe de Pavillon-sous-Bois (93) où le musicien s’est installé à son retour de la guerre l’Algérie. Un vidéo-clip est tourné pour assurer la promotion du 45 tours. \u003cbr\u003eMarsel Hurtens est né à Tourcoing (59) dans une famille de musiciens. Très jeune, il entre dans l’harmonie fondée par son grand-père en jouant du piston puis étudie la trompette au conservatoire et la guitare en autodidacte. Musicien d’orchestre, il tourne en France, en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, réalise une série de 45 tours solo entre 1965 et 1968 pour les labels DMF et Az, puis cesse d’enregistrer pour se consacrer à d’autres artistes (Gilles Olivier, Noëlle Cordier… ).\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e« L’amour nu » (Vogue, 1971) est l’œuvre du groupe belge éphémère Mozaïque. Le titre écrit par le chanteur Jacques Albin ressemble beaucoup à une autre de ses compositions, « Carré Blanc » enregistrée par lui-même en 1969 pour Disc’AZ.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003ePorté par le micro-label Lumi Son basé à Marignane (Côte d’Azur), Jean-Marc Garrigues sort à la fin des sixties deux 45 tours défendant les couleurs du jerk à la française. La chanson « Je dis Non » est une courte et jouissive ode à la jeunesse, à la pop-music et à la contestation.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eAuteur-compositeur-interprète, Jacques Penuel a réalisé trois 45 tours dont le premier, « Astronef 328 » (Fontana, 1969), propose une suite d’accords vertigineuse ponctuée d’effets sonores, un texte de science-fiction et des arrangements signés Jean-Claude Vannier.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eNous tenons à remercier chaleureusement Pierre Alain, Moon Blaha, Marsel Hurten, Bastien Larriaga, Jean-Pierre Lebrot-Millers, Bernadette Mettais Cartier, Robert Pico, Olivier Robert, Claude Rogen, Micky Segura.\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"LP","offer_id":55610925908293,"sku":"BB0187LP","price":23.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/WIZZZ-vol5-cover-HD_17522a19-8b37-401a-b90f-2fe13737072f.jpg?v=1767616814"},{"product_id":"wizzz-french-psychorama-1966-1971-vol-2-lp","title":"WIZZZ - French Psychorama - 1966\/1970 - Volume 2","description":"","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"LP","offer_id":56031808422213,"sku":"BB0013LP","price":16.8,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/3521381527285.jpg?v=1761126370"},{"product_id":"relax-lp","title":"Relax","description":"","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"LP","offer_id":56031808487749,"sku":"BB0008LP","price":21.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/3521381525731.jpg?v=1761126369"},{"product_id":"bippp-french-synth-wave-1979-85-lp","title":"Bippp French Synth Wave 1979\/85","description":"","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"LP","offer_id":56031808454981,"sku":"BB0002LP","price":19.2,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/3521381528718.jpg?v=1761126369"},{"product_id":"bippp-french-synth-wave-1979-85-cd-cd","title":"Bippp French Synth Wave 1979\/85 - CD","description":"\u003cp\u003eNous sommes aux débuts des années 80, et les No Future peinent désormais à mobiliser ces jeunes gens désabusés, avides d'expérimentation, et de modernité. Bref, le punk s'enlise et lasse.En 79, la sortie du tube « Rectangle » de JACNO , transfuge Punk, ouvre la voie et achève de convaincre les plus indécis.Les riffs enragés des Rickenbacker et Fender laissent ainsi peu à peu la place aux Bip-Bip froids et robotiques des claviers analogiques Casio, Korg MS 10 et autres ARP Omni. Poses növö, retro futurisme, élégance et arrogance d 'une jeunesse ayant trouvé dans le synthé, une froideur assumée, et la guitare électrique, le Cubass de leur génération. Parfois maladroits, mais toujours sincères, les bidouillages, et déambulations sonores de ces groupes sont autant de propositions, et tentatives de réponses au marasme musical du début des années 80.BIPPP offre ainsi une immersion et un témoignage didactique sur cette période qui préfigure l'apparition des home-studios et l'explosion de la musique électronique à venir..Bon voyage au pays du TGV, de la BX, du Minitel..et des synthés cheaps ! Revenu d'un Punk primitif dont l'énergie nihiliste et jubilatoire s'est essoufflée , une certaine jeunesse en quête d'esthétisme et de modernisme ne se retrouve plus dans les manifestations bruyantes et brouillonnes de ce mouvement régressif.\u003c\/p\u003e","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"CD","offer_id":56031808520517,"sku":"BB0002CD","price":12.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/3521383428702.jpg?v=1761126369"},{"product_id":"disque-la-raye-lp","title":"Disque La Rayé","description":"\u003cp\u003eEn nous allé danser boogaloo\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eEt soudain, dès les premières notes de piano, une fièvre hystérique transcende la salle : les musiciens s’agitent sur le podium, les danseurs se bousculent sur la piste, leurs souliers vernis glissent sur le parquet laqué, et tous se mettent à hurler en rythme : « Haaa… bi-bi ! »\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eÀ chaque représentation, c’est la même folie, et les dancefloors new yorkais tremblent. Le sextet de Joe Cuba atteint un niveau de notoriété inouïe grâce à ce nouveau morceau, une bombe judicieusement intitulé « Bang Bang ». Beaucoup d’autres détonations du même genre résonnent bientôt dans les ballrooms de la Big Apple. Au cours de l’année 1966, un rythme nouveau se répand tel une trainée de poudre sur les trottoirs de Spanish Harlem et les ondes des radios locales. « Du boogaloo », dit-on. Comme aucun autre genre auparavant, cette musique réunit les afro-américains et les hispaniques. Ces communautés voisines fréquentaient les mêmes soirées depuis longtemps, mais ne guinchaient pas sur les mêmes morceaux : les Noirs attendaient les séries de rythmes n’blues et de soul alors que les latinos se réservaient pour le cha-cha-cha et la pachanga. Syncrétisme ultime des styles en vogue dans le Barrio, le boogaloo est souvent désigné comme « la première musique Nuyoricaine. »\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eSi les puristes affirment qu’on peut en déceler les prémices sur la reprise de « Watermelon Man » par Mongo Santamaria, ou sur « El Watusi » par Ray Barretto en 1963, c’est véritablement à partir de 1966 qu’il s’impose comme la plus éclatante incarnation de son époque, tant musicalement que politiquement. Car un ouragan de révolution souffle alors sur l’ameriKKK : dans le sillage des revendications des Black Panthers et de la Young Lords Organisation, les minorités se rassemblent dans la rue pour arracher leurs droits à l’establishment. La naïveté des paroles du tube « I Like It Like That », enregistré par l’orchestre de Pete Rodriguez pour Alegre Records en 1966, est trompeuse : elle doit surtout être interprétée comme l’expression la plus directe, la plus fulgurante de l’affirmation d’une identité. Les Noirs et les Hispaniques assument leur couleur de peau et leurs origines tout en se revendiquant américain. Le boogaloo s’incruste sur la B.O. d’une révolution sociale qui embrase le pays, il en donnera le tempo jusqu’au crépuscule des années 60 (avant d’être à son tour éclipsé par la salsa.)\u003cbr\u003e« Le Boogaloo, ce sont les jeunes qui tentent de s’en sortir, c’est l’apport des immigrés, et l’évolution musicale ! » Éructe Johnny Colon dans l’excellent documentaire We Like It Like That, à voir absolument.\u003cbr\u003eL’énergie du boogaloo séduit également la jeunesse d’autres horizons, au-delà des frontières des Etats-Unis, et particulièrement dans le berceau caraïbe : à Cuba, Porto Rico, en Dominique, et aussi aux Antilles Françaises. De Fort-de-France à Pointe-à-Pitre, des cadences modernes ringardisent les vieilles biguines et les mazurka des grands orchestres antillais dont la noblesse se transmettait au sein de longues lignées de virtuoses, de père en fils chez les Siobud, Stellio, Fanfant, ou encore Coppet. Lorsque le boogaloo débarque dans les « îles à sucre » en même temps que d’autres genres musicaux aux claviers amplifiés et aux guitares électrifiées, cette nouvelle vague bouscule les hiérarchies et les usages : inutile de savoir lire la musique pour se proclamer musicien désormais, il suffit d’avoir de la feuille et d’être branché sur les nouveaux sons des radios internationales. « J’étais à Paris pour mes études au début des années 60, raconte Fred Aucagos, le premier rockeur de Guadeloupe. Mais je n’allais pas trop en cours, je fréquentais le Golf Drouot, avec Eddy, Johnny, Dick Rivers… Quand je suis rentré en Guadeloupe en janvier 1966, j’ai rapporté sur l’île le premier ampli à réverbération et la première guitare électrique. J’étais yéyé, je voulais jouer cette musique chez moi. » Aucagos commence par revisiter les standards du rock français et yankee, mais les musiciens de son groupe, les Vikings de la Guadeloupe, le persuadent rapidement de chanter en créole, puis d’intégrer du tambour ka, d’enrôler des cuivres latins… On entend, sur « Ti Man’zelle » de Fred Aucagos, un savant mélange d’importations en provenance de la métropole, des Etats-Unis et des îles voisines. Avec, au bout du compte, un ultime désir : incendier les bals antillais.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eSur la piste des clubs prestigieux, à La Bananeraie en Martinique et à la Cocoteraie en Guadeloupe par exemple, les musiciens s’essayent au boogaloo dans des interprétations rarement très orthodoxes, et c’est bien ce qui donne à cette compilation sa singularité et son panache. Elle intègre des influences en provenance du continent africain grâce au Rico Jazz (une adaptation de « Si Tu Bois Beaucoup » de l’orchestre de rumba congolaise O.K Jazz). On se frotte au « Jerk Vidé » d’un David Martial qui ne s’est pas encore travesti en cliché doudouiste. Avec la gouaille du guyanais Dany Play (« Mais Tu Sais »), et la pétulance de Joby Valente (« Disk La Rayé » avec Camille Soprann’ au saxophone), on (re)découvre des standards publiés il y a un demi-siècle sur les deux labels historiques en Guadeloupe : Aux Ondes du producteur Raymond Célini, et Disque Debs dont le patron Henri Debs s’illustre aussi au micro sur « Ou Pas Z’ami En Moins ».\u003cbr\u003eDans un autre genre, « Ou Que Di Moin » de Monsieur X est un pamphlet de funk créole, ni latin, ni festif, pas strictement du boogaloo. Car le rythme nuyorican n’était qu’une infime partie de ce que jouaient les orchestres antillais, et il intégrait facilement des éléments de biguine ou de compa haïtien. Cette compilation s’autorise ainsi de petits écarts, pour le plaisir, en assumant des morceaux sur lesquels le boogaloo est d’abord une influence. Avec l’aide de Jean-Baptiste Guillot du label Born Bad, le digger Julien Achard a cherché certains de ces disques pas moins de trois ans, afin de rassembler ici le meilleur du boogaloo créole. Le charme du son restauré de ces vieux 45 tours irrésistibles n’a d’égale que la fougue des interprétations. « Sauvagement Sexy », comme le chante Gaby Siarras.\u003cbr\u003e\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e\u003cmeta charset=\"utf-8\"\u003e\u003cspan\u003eDavid Commeillas\u003c\/span\u003e\u003c\/p\u003e","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"LP","offer_id":56031808913733,"sku":"BB0096LP","price":19.2,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/3521381543124.jpg?v=1761126374"},{"product_id":"ile-de-garde-rage-blossom","title":"RAGE BLOSSOM","description":"\u003cp\u003eMini album pour teaser la sortie d'un album futur.\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"LP","offer_id":56536025825605,"sku":"BB0193LP","price":17.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/Ile-de-garde-couv-HD.jpg?v=1764755675"},{"product_id":"wizzz-vol-1-lp","title":"WIZZZ - French Psychorama - 1966\/1970 - Volume 1","description":"","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"LP","offer_id":56577902412101,"sku":"BB0037LP","price":24.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/3521381527278.jpg?v=1765210497"},{"product_id":"wizzz-vol-3-lp","title":"WIZZZ - French Psychorama - 1967\/1970 - Volume 3","description":"","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"LP","offer_id":56577906901317,"sku":"BB0069LP","price":16.8,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/3521381531510.jpg?v=1765210514"},{"product_id":"bingo-french-punk-exploitation-1978-1981-lp","title":"Bingo French Punk Exploitation 1978\/1981","description":"","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"LP","offer_id":56577910735173,"sku":"BB0095LP","price":24.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/3521381537949.jpg?v=1765210532"},{"product_id":"wizzz-french-psychorama-1966-1974-vol-4-lp","title":"WIZZZ - French Psychorama - 1966\/1974 - Volume 4","description":"","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"LP","offer_id":56577913913669,"sku":"BB0139LP","price":19.2,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/3521381564389.jpg?v=1765210546"},{"product_id":"abdou-el-omari-lost-tape-1980","title":"LOST TAPE - 1980","description":"\u003cp\u003eK7 retrouvée dans les archives d'Abdou El Omari après son décès par son voisin.\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"LP","offer_id":56651935973701,"sku":"BB0191LP","price":20.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/11112025-ABDOU-COUV_dd3a7cdd-1fee-4748-acb7-7cb041bdfdc7.jpg?v=1765809793"},{"product_id":"abdou-el-omari-lost-tape-1980-cd","title":"LOST TAPE - 1980 - CD","description":"\u003cp\u003eK7 retrouvée dans les archives d'Abdou El Omari après son décès par son voisin.\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"CD","offer_id":56651936006469,"sku":"BB0191CD","price":15.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/11112025-ABDOU-COUV.jpg?v=1765809792"},{"product_id":"rock-machine-lp","title":"Rock Machine","description":"\u003cp\u003e\u003cmeta charset=\"utf-8\"\u003e\u003cspan\u003eAprès l’escapade espagnole ‘Teatro Lucido’ et la douce évasion ‘Paris Hawai’, le groupe créé par Marlon Magnée et Sacha Got continue leur tour du monde avec ‘Rock Machine’ premier album écrit en anglais. Composé ces dernières années lors de différentes tournées autour du monde, ce nouvel LP a été fortement inspiré par l’enchaînement des dates aux USA, au Canada, en Amérique du Sud, en Australie et des rencontres qui s’en sont découlées.\u003c\/span\u003e\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e\u003cspan\u003eLa femme revient à ses premiers amours new wave et synth wave de ‘Psycho Tropical Berlin’ (Machine) qu’il fusionne avec un son rock anglo saxon des années 80\/90 (Rock). Cet album est une ôde au rock’n’roll, à son efficacité et à son intemporalité mais aussi à l’amour et au désespoir.\u003c\/span\u003e\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e\u003cspan\u003eLa femme fait du rock avec des machines.\u003c\/span\u003e\u003cbr\u003e\u003cspan\u003eLa Femme continue de développer avec Rock Machine un univers hors des modes et multidimensionnel avec leur propre son et esthétique. En plus des sonorités rock et synthwave (dont Clover Paradise en est le parfait exemple), on y retrouve toujours de l’électro (Sweet Babe), de la surf-music (Ciao Paris), de la disco sauce Punk UK (My Generation), du western ou des balades\u003c\/span\u003e\u003cspan class=\"bcTruncateMore\"\u003e. “Vénus est une irrésistible et enivrante rencontre entre le Velvet Underground et The Mamas and the Papas, “Love is Over” sonne comme un groupe du Madchester des années 80’s qui jouerait à l’Hacienda... La liste est longue mais toujours unique et cohérente.\u003c\/span\u003e\u003c\/p\u003e","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"LP","offer_id":56715572543813,"sku":"BB0182LP","price":24.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/3521381598605.jpg?v=1766586753"},{"product_id":"guilty-razors-complete-recordings-1977-1978","title":"COMPLETE RECORDINGS - 1978","description":"\u003cp\u003eGUILTY RAZORS, PUNKS VRAIS.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eDes écrits sur le sujet partant un peu dans tous les sens, des conférences anesthésiantes données par des universitaires, des témoignages la plupart du temps abondamment trafiqués de ceux qui ont « connu l’époque » : aujourd’hui pas mal de gens fantasment sur les débuts du punk dans notre pays… Cet heureux moment où personne n’avait encore pensé à arborer une ridicule crête verte, à prendre Sid Vicious pour un héros, ou – pire encore – à rendre la chose soi-disant alternative à la fois festive et bourrin. Non, rien de cela en 1976 ou 1977, quand il n’était pas facile de se procurer les premiers 45T des Pistols ou de Clash. Pas grand monde n’avait alors connaissance de ce qui se tramait dans la marge de la marge, le nom de Malcolm McLaren était quasiment inconnu et avoir les cheveux courts faisait de vous un mec bizarre … Qui savait alors que le rock qui depuis le début des années 70 avait pris une très mauvaise tournure allait redevenir un élément de libération essentielle ? qu’à coups de morceaux courts et rapides il allait à nouveau retrouver ce côté primaire, social et haïssable par les anciennes générations ? Qui savait cela ? Seulement quelques isolés qui lisaient la presse musicale (mieux encore s’ils la lisaient en anglais) et fréquentaient les bons magasins de disques. Beaucoup de ceux-là formèrent des groupes, car il était impossible de ne pas faire autrement. On passait donc rapidement du stade de celui qui écoute le Velvet au stade de celui qui s’essaie de jouer les intros des Stooges. Une histoire un peu collective quand même, même s’il n’y avait pas grand monde pour la démarrer.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e \u003cbr\u003eParmi ceux qui participèrent à cette ébauche de chamboulement, à Paris il y avait les Guilty Razors. Ils n’étaient, loin de là, pas les plus mauvais. Ils avaient un truc bien à eux et avaient même sorti un 45T nettement supérieur à la moyenne nationale. Ils avaient aussi assez de morceau pour remplir un album, celui que vous tenez dans vos mains…. De l’avis de tous, ils ne faisaient absolument pas partie des faussaires du punk comme il y en a eu tant ensuite. Eux au moins ils étaient vrais et crédibles.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eGuilty Razors, groupe punk parisien (1975-1978). Pour comprendre quelque chose à leur son un peu linéaire mais tellement énervé, Il faudrait peut-être parler du contexte dans lequel il est né et plus largement se remémorer l’ennui (un thème qui deviendra majeur dans les chansons punk) doublé de l’envie d’envoyer tout balader qui furent au départ de la formation d’une poignée de groupes d’un rock redevenu jeune ; de cette passion pour quelques disques, ceux des Kinks ou des Who du début, des Stooges, du Velvet surtout, qui vous différenciait du commun.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e \u003cbr\u003eEt bien sûr il faudrait se rappeler de ce vent nouveau, alors porté par de rares articles dans la presse spécialisée et par quelques disquaires à la pointe, qui arrivait de New York ou de Londres et dont on ressentait le petits mais puissants souffles dans la capitale et dans quelques lieux isolés de provinces endormies par tellement de choses consternantes : de Tangerine Dream à Giscard d’Estaing... \u003cbr\u003eLa chanson française en 1975\/1976 était, elle, comme presque toujours dans un sale état ; c’était encore Johnny et Sylvie partout. Quand au rock local, à part Bijou et Little Bob qui s’essayaient de concerts mal sonorisés en concerts devant presque personne de réveiller ce petit monde, c’était plutôt morne plaine.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e \u003cbr\u003eDans les banlieues populo à ce moment-là c’était essentiellement le hard rock à fond la caisse qui faisait oublier les trois huit en usine. Par endroits, en bordure des grandes villes, il y avait bien quelques rockys à rouflaquettes portant un brassard noir depuis la mort de Gene Vincent, mais ce n’était pas vraiment un mouvement de masse, juste une source de réel danger pour tous ceux qu’ils croisaient et qui n’étaient pas comme eux… En Aout 1976, Il y avait eu un festival à Mont-de-Marsan différent des autres, le First European Punk Festival, comme il était marqué sur l’affiche, mais il y eu quasiment autant de monde sur la scène que dans le public. Pourtant, ce jour-là il y avait eu un moment quasi historique lorsque sous le cagnard en plein après-midi des inconnus appelés Damned firent entendre dans l’arène un bruit inédit aux relents bordéliques de Stooges retombés en prime adolescence. Ils furent le premier groupe réellement punk à se produire dans notre pays : tout devenait désormais possible, tout semblait presque permis.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eLe punk (paink si on le prononce à la française…), il est logique que les quatre+1 de Guilty Razors, qui au départ amplifient leurs guitares bien sèches avec des micros pourris de magnétos, l’adoptent de façon naturelle et instinctive puisqu’il mélange boucan libérateur, vitesse d’exécution et – élément déterminant – un très sain sentiment de révolte (les soixante-huitards clamaient – c’était même un slogan- qu’ils n’étaient pas contre les vieux mais uniquement contre ce qui ce qui les avait fait vieillir. Au milieu des années 70 il semblait normal et évident qu’il fallait désormais s’en prendre AUSSI aux vieux !!!…). \u003cbr\u003eL’envie d’en découdre d’alors, briseuse d’autorité et d’apathie, était de couleur rouge ou noire, elle prenait souvent la forme de distribution de tracts, d’AG tumultueuses sous le préau et de manifs massives ou minables débordant la plupart du temps d’une enthousiasmante vitalité virant parfois à la bagarre avec les CRS. En effet, peu de temps après la fin de la guerre du Vietnam et à la suite du coup d’état de Pinochet au Chili un peu partout dans le pays l’engouement gaucho trotskyste ou anarcho libertaire était solidement ancré dans une partie de la jeune populace scolarisée aussi frondeuse que fouteuse de merde dès que ça lui en était possible. Il faut d’ailleurs souligner que lorsque le 45T « Anarchy in te the UK » se fit entendre pour la première fois, même si nous n’étions pas nombreux à y avoir accès, le titre autant que sa déflagration sonore parlèrent immédiatement à certains de ces énervés en demande justement d’ANARCHIE !!! La frange gauchiste majoritaire, elle, assimilait encore les punks à de jeunes nazillons inconscients. Il faut dire que les photos largement diffusées dans la grande presse, de Siouxsie Sioux avec ses croix gammées n’aidaient pas forcément à l’adhésion des théoriciens du Grand Soir. Il aura fallu que Joe Strummer présente Clash comme un groupe anti-raciste, anti- fasciste et anti-ignorance pour que le rejet des révolutionnaires à l’ancienne s’estompe un peu. \u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLe lycée Jean-Baptiste Say à la Porte d’Auteuil, pourtant situé dans le très huppé et logiquement préservé seizième arrondissement parisien, n’échappait pas à ces soubresauts « engagés » qui faisaient aussi office de parfait défouloir générationnel pour les moins timorés. \u003cbr\u003e« A l’époque, la politique c’était rigolo », raconte Tristam Nada élève dans ce bahut, qui va être parachuté chanteur de Guilty Razors. « Jean-Baptiste c’était le lycée gauchiste du quartier. Quand les mecs d’extrême droite du GUD y descendaient, ceux de la Ligue Communiste venus d’ailleurs nous aidaient à les repousser. » \u003cbr\u003eTout ce qui pouvait défier l’autorité était bon à prendre, et évidemment les grèves pour à peu près n’importe quel prétexte vont en toute logique se prolonger par des séchages de cours de plus en plus fréquents (avec un adieu définitif aux études qui bien sûr ne tardera pas). Sa classe de seconde, puis celle de première inachevée, Tristam Nada les partage avec José Perez, venu d’Espagne dont le père, concierge, avait été condamné à mort par Franco. « José a orienté mes gouts vers des choses solides comme les Who. Comme la plupart des ados j’avais auparavant ingurgité à peu près tout ce qui se présentait à moi, de Yes à Led Zeppelin en passant par Genesis. Je découvrais… Et puis un jour il m’a dit qu’avec son frère Carlos ils voulaient monter un groupe de rock. » Les deux Perez jouaient déjà de la guitare (« Normal, ils étaient espagnols ! », s’amuse leur chanteur. « Puis un peu à contre cœur, José s’est mis à basse, nous avons été ensuite rejoints par Jano – qui prit le pseudo de Jano Homicid - lequel s’est mis à la guitare rythmique. » Plusieurs batteurs vont par la suite grossir ce noyau dur, un terme d’ailleurs assez bien approprié puisqu’on a là affaire à de jeunes garçons peu farouches qui ne s’en laissent pas conter quand l’adversité est dans l’air.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003ePour ceux qui désormais choisissent de s’appeler Guilty Razors les premières répétitions s’organisent dans la chambre d’une tante Perez. Là, les trois novices s’essaient d’abord à reprendre quelques standards, des morceaux qui souvent font partie intégrante de leur vie. Lors d’un premier et court concert, devant un public décontenancé de rudes rockers à l’ancienne, en bons kamikazes électriques ils vont par exemple se lancer dans une version brinquebalante d‘« Heroin » du Velvet Underground. Défi ou inconscience ? Sûrement un peu des deux... Et puis, pas à pas, leur mince répertoire s’étoffe, ils ont en effet décidé de composer leurs propres morceaux ; des chansons interprétées dans un anglais pas toujours très fidèle et académique : mais qu’importe les règles grammaticales ou le juste vocabulaire, puisque l’essentiel c’est avant tout de faire sonner les mots du mieux possible pendant que derrière ça joue très très vite, l’important aussi c’est que les choses dites soient crachées dans un langage qui ne laisse aucun doute sur ce qu’il véhicule. \u003cbr\u003eS’essayer à une sorte de rock détestée par une bonne partie du voisinage, faire du bruit, avoir une attitude provocatrice bien marquée : ils ne sont pas encore nombreux ceux qui à ce moment précis ont choisi d’imposer cette différence. Ils ne sont pas non plus vraiment nombreux les lieux, en France comme ailleurs, où l’on peut avoir accès aux premiers soubresauts de ce qui n’est pas encore une mode et encore moins un mouvement. \u003cbr\u003e\u003cbr\u003eEn province, à la fin 1976 ou au début 1977, il n’y a peut-être pas plus d’une trentaine d’endroits, des disquaires un peu plus avisés que la moyenne, où l’on peut entendre cette sorte de nouveau rock à cheveux courts que l’on appelle « punk ». L’ancienne clientèle qui auparavant venait sans problème y acheter son dernier McCartney ou son Aerosmith annuel s’y sent d’ailleurs désormais un peu moins à l’aise… \u003cbr\u003eA Paris les lieux un peu mieux éclairés sont assez rares, souvent géographiquement proches du Trou des Halles qui n’a pas encore été entièrement recouvert par un forum de grosses enseignes commerciales. Entre trois prostituées en fin de carrière, deux friperies et marchands de babioles post-Katmandou ou petits créateurs de mode ; la bonne parole est bruyamment portée dans deux espaces pionniers, propagateurs de ce qui n’est encore qu’un nouvel underground. Historiquement, il y a d’abord l’Open Market, une sorte de caverne mal achalandée, mais achalandée avec gout. Des baffles s’y échappe à fort volume le son des garage bands sixties de la compilation Nuggets (une référence essentielle pour José Perez) ou celui des gamins anglais mal attifés d’Eddie and the Hot Rods. L’antre peinte en noir a été ouverte quelques années auparavant par Marc Zermati, un personnage pas toujours bien luné mais toujours assez radical dans ses (bons) choix et dans ses propos. Il a fondé le label indépendant Skydog et a été l’un des organisateurs des festivals punk de Mont-de-Marsan. Pas très loin de là il y a Harry Cover, un autre magasin plus branché nouvelle scène new-yorkaise, laquelle est largement révélée dans le fanzine maison (même si ce sont dans ses pages qu’ont été publiées pour la première fois en France des photos des Sex Pistols) : Rock News.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e \u003cbr\u003eC’est plutôt là que les frères Pérez et Tristam Nada trainent le plus souvent, comme l’explique ce dernier. « C’est chez Harry Cover que nous avons entendu pour la première fois les 45t des Pistols et des Clash, c’est d’ailleurs suite à ça que nous avons décidé, nous aussi, de nous lancer dans nos propres compos. Si eux y arrivaient, on pouvait le faire aussi ! »\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e \u003cbr\u003eLes chocs sonores que sont « Anarchy in the UK », « White Riot » ou le EP « Spiral Scratch » de Buzzcocks, auquel le son de Guilty Razors peut d’ailleurs faire penser, vont bientôt être amplifiés par un choc visuel sans équivalent. En avril 1977, en effet, The Clash, dont le premier album vient tout juste de sortir, se produit à Paris au Palais des Glaces au cours d’une nuit punk organisée par Marc Zermati. Pour pas mal de personnes présentes ce soir-là, ce fut le concert leur vie… \u003cbr\u003eBien sûr les Guilty Razors et Tristam étaient dans le public : « Ce concert avait été fabuleux… Nous les keupons parisiens nous étions quasiment tous habillés de noir et de blanc, chemises blanches, petites cravates en cuirs, Perfectos ou petites vestes etc. Les Clash eux, ils avaient des fringues colorées. Et bien dès le lendemain au Gibus tu retrouvais tous ceux qui avaient assisté au concert, mais ils n’avaient plus rien de noir sur eux, ils portaient tous des couleurs.»\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eIl est logique de citer le Gibus Club, les Guilty Razors vont souvent s’y produire (parfois d’ailleurs face à un public hostile) : puisque c’est encore l’unique lieu de la capitale qui programme régulièrement la nouvelle scène parisienne ou anglo-saxonne, Generation X, Siouxsie and the Banshees, les Slits, Johnny Thunders, qui va un peu devenir la mascotte déglinguée de l’endroit, vont ainsi s’y succéder. Un peu tard, dès 1978, le Rose Bonbon – l’ex Nashville – attirera aussi les noctambules en demande de décharges électriques... Au Gibus en 77 les emblématiques mais pas forcément excellents Asphalt Jungle y jouent souvent, partageant parfois l’affiche avec Metal Urbain, le seul groupe dont l’aura va par la suite dépasser les frontières de l’Hexagone (« Je les voyais comme les Sex Pistols français », expliquera d’ailleurs Geoff Travis, le patron de leur label anglais Rough Trade). Metal Urbain, justement, déjà installés dans ce mini paysage, ils vont aider les jeunes et fougueux Guilty Razors qui débarquent tout juste. Hermann Schwartz, qui fut le guitariste de Metal Urbain, s’en souvient « Ils étaient plus jeunes que nous, on était donc un peu leurs parrains même si le mot est bien sur un peu fort… Eux au moins ils étaient crédibles. On les trouvait bons et en plus ils avaient des bonnes chansons qui me rappelaient celles de Buzzcocks que j’aimais beaucoup. Mais à partir d’un moment ils se sont acoquinés avec des Hells Angels. Et là on ne les a plus suivis. »\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eUne rupture partagée, puisque de leur côté, les Guilty Razors voient d’un très mauvais œil apparaître dans des concerts de Métal U une frange du public qui se lance dans des Sieg Heil à répétitions en faisant le salut nazi… Des provocations, même si elles ne sont encore qu’à deux balles (le gros de la troupe skinhead ne se manifestera lourdement qu’un peu plus tard dans les concerts), qui ne sont pas vraiment du gout des frères Perez dont les convictions anti fascistes sont évidemment solidement ancrées. Il y a des choses sur lesquelles on ne transige pas.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e \u003cbr\u003eQuelques mois auparavant (en juillet 78) les « Rasoirs coupables » auront quand même fait une première partie très réussie de Metal Urbain au Bus Palladium ; une boite de nuit plus traditionnellement rock à l’ancienne (Téléphone y avait par exemple enregistré un 45T). Mais comme cela pouvait parfois se passer à l’époque ; la soirée s’était ensuite transformée en bagarre générale avec des rockers de banlieue venus là pour « casser du punk ».\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eLes nuits parisiennes d’alors n’étaient en effet pas toujours faites de douceur et de sérénité.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eC’est ainsi qu’après avoir assuré comme ils le pouvaient une première partie de The Jam, leur son ayant été massacré à la sono, nos Guilty locaux seront attendus à la sortie par – encore – une horde de rockys à bananes voulant leur faire la peau. « Heureusement, raconte Tristam. Nous étions accompagnés de nos roadies, des Bikers sans motos qui ont fait rempart. Cela s’est ensuite poursuivie dans les rues avoisinantes puis s’est terminée devant un troquet avec le patron sortant une carabine… » \u003cbr\u003eSi Tristam et les frères Perez échappent in extremis à divers aléas qui auraient pu devenir sanglants, ils ne seront pas non plus totalement innocents de tout méfait. L’épisode dans lequel ils braquent dans la rue deux inconnus continue par exemple de les amuser (« nous étions fauchés et nous voulions simplement nous payer des places pour le concert des Heartbreakers qui jouaient ce soir-là », raconte Tristam). Ils se trouve que leurs victimes étaient deux personnages incontournables dans le business rock d’alors : l’animateur radio Alain Manneval et l’éditeur musical Philippe Constantin. Ils déposèrent plainte, demandèrent une réparation monétaire, mais on ne sait trop comment le manager du groupe, l’habile mais plus que controversé (et très escroc selon tous ceux qui l’ont côtoyé) Alexis, se débrouilla pour que la plainte soit retirée et que Guilty Razors finisse par signer en édition avec Constantin avec une avance conséquente.…\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eL’autre signature, elle, se fit avec Polydor, la maison de disques qui sortit en 1978 leur unique 45T trois titres « I Don’t Wanna be A Rich », « Hurts and Noises », « Provocate » (des morceaux qui transpiraient la révolte perpétuelle et une envie d’affrontement « de classe » jamais éteint). Un disque vraiment très bon mais qui, pour cause de manque de promo (les radios ne passaient pas d’artistes français chantant en anglais), ne se vendit pas beaucoup ; on parle de 800 exemplaires… le reste du stock partit au pilon… Au départ les trois morceaux devaient être inclus sur un album qui ne vit jamais le jour pour cause de mise à la porte de chez Polydor (« il faut dire que parfois il nous arrivait de mettre un peu le souque chez eux ! », se marre Tristam. Dans le but de parfaire le 33T tant espéré, le groupe maquetta d’autres titres. Il y avait là – preuve d’un bon gout sixties jamais renié - une version de « Lucifer Sam » de Pink Floyd époque Syd Barrett, « Wake Up », une histoire de lendemain de cuite et « Bad Heart » qui évoquait la bande à Baader dont les actions avaient tellement marqué l’époque et une partie d’une génération en demande de dissidence extrême... Sur l’album que vous découvrez maintenant, on entend aussi cinq inédits enregistrés un peu plus tard lors d’un séjour aussi prolongé que glacial à Madrid ; faits dans un studio de fortune mais avec l’aide précieuse d’un batteur qui était aussi ingénieur du son. Un vieux hippie enthousiaste qui s’est avéré être un vrai as du bricolage sonore. Là aussi, certaines influences fifties et sixties du groupe (Link Wray, Troggs) paraissaient plus qu’évidentes.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eC’est peu après un dernier tour de piste houleux et plutôt barbare du côté du public, lors d’une « Nuit Punk » à l’Olympia en juin 1978, que Tristam quitta le groupe ; ses comparses continuant un petit moment sans lui.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eMais comme la plupart des groupes pionniers punks de l’époque, Guilty Razors finira par se séparer définitivement au bout de trois ans (à part une fois en Espagne, ils n’auront en fait joué qu’à Paris). Les causes de cessation d’activités étant à peu près les mêmes pour tous : pas d’endroits hors son petit circuit pour jouer cette sorte de rock qui faisait encore peur, était inconnu ou n’intéressait pas grand monde. Des probabilités quasiment nulles d’enregistrer un album : les grosses maisons de disques ne signant que des sous Téléphone sans originalités mais rassurants et les petits labels de l’époque ne s’intéressant qu’au rock progressif ou à la chanson à texte pour MJC. Quand à l’autoproduction ? Personne dans notre petit monde à épingles à nourrices n’y pensait encore. De toute façon, personne n’avait assez d’argent pour se lancer dans de pareilles entreprises. \u003cbr\u003e\u003cbr\u003eOui, les débuts du punk en France c’était vraiment le No Future !\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"LP","offer_id":56844414189893,"sku":"BB0195LP","price":22.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/Guilty-Razors-cover-HD.jpg?v=1768235417"},{"product_id":"guilty-razors-complete-recordings-1977-1978-cd","title":"COMPLETE RECORDINGS - 1978 - CD","description":"\u003cp\u003eGUILTY RAZORS, PUNKS VRAIS.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eDes écrits sur le sujet partant un peu dans tous les sens, des conférences anesthésiantes données par des universitaires, des témoignages la plupart du temps abondamment trafiqués de ceux qui ont « connu l’époque » : aujourd’hui pas mal de gens fantasment sur les débuts du punk dans notre pays… Cet heureux moment où personne n’avait encore pensé à arborer une ridicule crête verte, à prendre Sid Vicious pour un héros, ou – pire encore – à rendre la chose soi-disant alternative à la fois festive et bourrin. Non, rien de cela en 1976 ou 1977, quand il n’était pas facile de se procurer les premiers 45T des Pistols ou de Clash. Pas grand monde n’avait alors connaissance de ce qui se tramait dans la marge de la marge, le nom de Malcolm McLaren était quasiment inconnu et avoir les cheveux courts faisait de vous un mec bizarre … Qui savait alors que le rock qui depuis le début des années 70 avait pris une très mauvaise tournure allait redevenir un élément de libération essentielle ? qu’à coups de morceaux courts et rapides il allait à nouveau retrouver ce côté primaire, social et haïssable par les anciennes générations ? Qui savait cela ? Seulement quelques isolés qui lisaient la presse musicale (mieux encore s’ils la lisaient en anglais) et fréquentaient les bons magasins de disques. Beaucoup de ceux-là formèrent des groupes, car il était impossible de ne pas faire autrement. On passait donc rapidement du stade de celui qui écoute le Velvet au stade de celui qui s’essaie de jouer les intros des Stooges. Une histoire un peu collective quand même, même s’il n’y avait pas grand monde pour la démarrer. \u003cbr\u003eParmi ceux qui participèrent à cette ébauche de chamboulement, à Paris il y avait les Guilty Razors. Ils n’étaient, loin de là, pas les plus mauvais. Ils avaient un truc bien à eux et avaient même sorti un 45T nettement supérieur à la moyenne nationale. Ils avaient aussi assez de morceau pour remplir un album, celui que vous tenez dans vos mains…. De l’avis de tous, ils ne faisaient absolument pas partie des faussaires du punk comme il y en a eu tant ensuite. Eux au moins ils étaient vrais et crédibles.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eGuilty Razors, groupe punk parisien (1975-1978). Pour comprendre quelque chose à leur son un peu linéaire mais tellement énervé, Il faudrait peut-être parler du contexte dans lequel il est né et plus largement se remémorer l’ennui (un thème qui deviendra majeur dans les chansons punk) doublé de l’envie d’envoyer tout balader qui furent au départ de la formation d’une poignée de groupes d’un rock redevenu jeune ; de cette passion pour quelques disques, ceux des Kinks ou des Who du début, des Stooges, du Velvet surtout, qui vous différenciait du commun. \u003cbr\u003eEt bien sûr il faudrait se rappeler de ce vent nouveau, alors porté par de rares articles dans la presse spécialisée et par quelques disquaires à la pointe, qui arrivait de New York ou de Londres et dont on ressentait le petits mais puissants souffles dans la capitale et dans quelques lieux isolés de provinces endormies par tellement de choses consternantes : de Tangerine Dream à Giscard d’Estaing... \u003cbr\u003eLa chanson française en 1975\/1976 était, elle, comme presque toujours dans un sale état ; c’était encore Johnny et Sylvie partout. Quand au rock local, à part Bijou et Little Bob qui s’essayaient de concerts mal sonorisés en concerts devant presque personne de réveiller ce petit monde, c’était plutôt morne plaine. \u003cbr\u003eDans les banlieues populo à ce moment-là c’était essentiellement le hard rock à fond la caisse qui faisait oublier les trois huit en usine. Par endroits, en bordure des grandes villes, il y avait bien quelques rockys à rouflaquettes portant un brassard noir depuis la mort de Gene Vincent, mais ce n’était pas vraiment un mouvement de masse, juste une source de réel danger pour tous ceux qu’ils croisaient et qui n’étaient pas comme eux… En Aout 1976, Il y avait eu un festival à Mont-de-Marsan différent des autres, le First European Punk Festival, comme il était marqué sur l’affiche, mais il y eu quasiment autant de monde sur la scène que dans le public. Pourtant, ce jour-là il y avait eu un moment quasi historique lorsque sous le cagnard en plein après-midi des inconnus appelés Damned firent entendre dans l’arène un bruit inédit aux relents bordéliques de Stooges retombés en prime adolescence. Ils furent le premier groupe réellement punk à se produire dans notre pays : tout devenait désormais possible, tout semblait presque permis.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eLe punk (paink si on le prononce à la française…), il est logique que les quatre+1 de Guilty Razors, qui au départ amplifient leurs guitares bien sèches avec des micros pourris de magnétos, l’adoptent de façon naturelle et instinctive puisqu’il mélange boucan libérateur, vitesse d’exécution et – élément déterminant – un très sain sentiment de révolte (les soixante-huitards clamaient – c’était même un slogan- qu’ils n’étaient pas contre les vieux mais uniquement contre ce qui ce qui les avait fait vieillir. Au milieu des années 70 il semblait normal et évident qu’il fallait désormais s’en prendre AUSSI aux vieux !!!…). \u003cbr\u003eL’envie d’en découdre d’alors, briseuse d’autorité et d’apathie, était de couleur rouge ou noire, elle prenait souvent la forme de distribution de tracts, d’AG tumultueuses sous le préau et de manifs massives ou minables débordant la plupart du temps d’une enthousiasmante vitalité virant parfois à la bagarre avec les CRS. En effet, peu de temps après la fin de la guerre du Vietnam et à la suite du coup d’état de Pinochet au Chili un peu partout dans le pays l’engouement gaucho trotskyste ou anarcho libertaire était solidement ancré dans une partie de la jeune populace scolarisée aussi frondeuse que fouteuse de merde dès que ça lui en était possible. Il faut d’ailleurs souligner que lorsque le 45T « Anarchy in te the UK » se fit entendre pour la première fois, même si nous n’étions pas nombreux à y avoir accès, le titre autant que sa déflagration sonore parlèrent immédiatement à certains de ces énervés en demande justement d’ANARCHIE !!! La frange gauchiste majoritaire, elle, assimilait encore les punks à de jeunes nazillons inconscients. Il faut dire que les photos largement diffusées dans la grande presse, de Siouxsie Sioux avec ses croix gammées n’aidaient pas forcément à l’adhésion des théoriciens du Grand Soir. Il aura fallu que Joe Strummer présente Clash comme un groupe anti-raciste, anti- fasciste et anti-ignorance pour que le rejet des révolutionnaires à l’ancienne s’estompe un peu. \u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLe lycée Jean-Baptiste Say à la Porte d’Auteuil, pourtant situé dans le très huppé et logiquement préservé seizième arrondissement parisien, n’échappait pas à ces soubresauts « engagés » qui faisaient aussi office de parfait défouloir générationnel pour les moins timorés. \u003cbr\u003e« A l’époque, la politique c’était rigolo », raconte Tristam Nada élève dans ce bahut, qui va être parachuté chanteur de Guilty Razors. « Jean-Baptiste c’était le lycée gauchiste du quartier. Quand les mecs d’extrême droite du GUD y descendaient, ceux de la Ligue Communiste venus d’ailleurs nous aidaient à les repousser. » \u003cbr\u003eTout ce qui pouvait défier l’autorité était bon à prendre, et évidemment les grèves pour à peu près n’importe quel prétexte vont en toute logique se prolonger par des séchages de cours de plus en plus fréquents (avec un adieu définitif aux études qui bien sûr ne tardera pas). Sa classe de seconde, puis celle de première inachevée, Tristam Nada les partage avec José Perez, venu d’Espagne dont le père, concierge, avait été condamné à mort par Franco. « José a orienté mes gouts vers des choses solides comme les Who. Comme la plupart des ados j’avais auparavant ingurgité à peu près tout ce qui se présentait à moi, de Yes à Led Zeppelin en passant par Genesis. Je découvrais… Et puis un jour il m’a dit qu’avec son frère Carlos ils voulaient monter un groupe de rock. » Les deux Perez jouaient déjà de la guitare (« Normal, ils étaient espagnols ! », s’amuse leur chanteur. « Puis un peu à contre cœur, José s’est mis à basse, nous avons été ensuite rejoints par Jano – qui prit le pseudo de Jano Homicid - lequel s’est mis à la guitare rythmique. » Plusieurs batteurs vont par la suite grossir ce noyau dur, un terme d’ailleurs assez bien approprié puisqu’on a là affaire à de jeunes garçons peu farouches qui ne s’en laissent pas conter quand l’adversité est dans l’air.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003ePour ceux qui désormais choisissent de s’appeler Guilty Razors les premières répétitions s’organisent dans la chambre d’une tante Perez. Là, les trois novices s’essaient d’abord à reprendre quelques standards, des morceaux qui souvent font partie intégrante de leur vie. Lors d’un premier et court concert, devant un public décontenancé de rudes rockers à l’ancienne, en bons kamikazes électriques ils vont par exemple se lancer dans une version brinquebalante d‘« Heroin » du Velvet Underground. Défi ou inconscience ? Sûrement un peu des deux... Et puis, pas à pas, leur mince répertoire s’étoffe, ils ont en effet décidé de composer leurs propres morceaux ; des chansons interprétées dans un anglais pas toujours très fidèle et académique : mais qu’importe les règles grammaticales ou le juste vocabulaire, puisque l’essentiel c’est avant tout de faire sonner les mots du mieux possible pendant que derrière ça joue très très vite, l’important aussi c’est que les choses dites soient crachées dans un langage qui ne laisse aucun doute sur ce qu’il véhicule. \u003cbr\u003eS’essayer à une sorte de rock détestée par une bonne partie du voisinage, faire du bruit, avoir une attitude provocatrice bien marquée : ils ne sont pas encore nombreux ceux qui à ce moment précis ont choisi d’imposer cette différence. Ils ne sont pas non plus vraiment nombreux les lieux, en France comme ailleurs, où l’on peut avoir accès aux premiers soubresauts de ce qui n’est pas encore une mode et encore moins un mouvement. \u003cbr\u003e\u003cbr\u003eEn province, à la fin 1976 ou au début 1977, il n’y a peut-être pas plus d’une trentaine d’endroits, des disquaires un peu plus avisés que la moyenne, où l’on peut entendre cette sorte de nouveau rock à cheveux courts que l’on appelle « punk ». L’ancienne clientèle qui auparavant venait sans problème y acheter son dernier McCartney ou son Aerosmith annuel s’y sent d’ailleurs désormais un peu moins à l’aise… \u003cbr\u003eA Paris les lieux un peu mieux éclairés sont assez rares, souvent géographiquement proches du Trou des Halles qui n’a pas encore été entièrement recouvert par un forum de grosses enseignes commerciales. Entre trois prostituées en fin de carrière, deux friperies et marchands de babioles post-Katmandou ou petits créateurs de mode ; la bonne parole est bruyamment portée dans deux espaces pionniers, propagateurs de ce qui n’est encore qu’un nouvel underground. Historiquement, il y a d’abord l’Open Market, une sorte de caverne mal achalandée, mais achalandée avec gout. Des baffles s’y échappe à fort volume le son des garage bands sixties de la compilation Nuggets (une référence essentielle pour José Perez) ou celui des gamins anglais mal attifés d’Eddie and the Hot Rods. L’antre peinte en noir a été ouverte quelques années auparavant par Marc Zermati, un personnage pas toujours bien luné mais toujours assez radical dans ses (bons) choix et dans ses propos. Il a fondé le label indépendant Skydog et a été l’un des organisateurs des festivals punk de Mont-de-Marsan. Pas très loin de là il y a Harry Cover, un autre magasin plus branché nouvelle scène new-yorkaise, laquelle est largement révélée dans le fanzine maison (même si ce sont dans ses pages qu’ont été publiées pour la première fois en France des photos des Sex Pistols) : Rock News. \u003cbr\u003eC’est plutôt là que les frères Pérez et Tristam Nada trainent le plus souvent, comme l’explique ce dernier. « C’est chez Harry Cover que nous avons entendu pour la première fois les 45t des Pistols et des Clash, c’est d’ailleurs suite à ça que nous avons décidé, nous aussi, de nous lancer dans nos propres compos. Si eux y arrivaient, on pouvait le faire aussi ! » \u003cbr\u003eLes chocs sonores que sont « Anarchy in the UK », « White Riot » ou le EP « Spiral Scratch » de Buzzcocks, auquel le son de Guilty Razors peut d’ailleurs faire penser, vont bientôt être amplifiés par un choc visuel sans équivalent. En avril 1977, en effet, The Clash, dont le premier album vient tout juste de sortir, se produit à Paris au Palais des Glaces au cours d’une nuit punk organisée par Marc Zermati. Pour pas mal de personnes présentes ce soir-là, ce fut le concert leur vie… \u003cbr\u003eBien sûr les Guilty Razors et Tristam étaient dans le public : « Ce concert avait été fabuleux… Nous les keupons parisiens nous étions quasiment tous habillés de noir et de blanc, chemises blanches, petites cravates en cuirs, Perfectos ou petites vestes etc. Les Clash eux, ils avaient des fringues colorées. Et bien dès le lendemain au Gibus tu retrouvais tous ceux qui avaient assisté au concert, mais ils n’avaient plus rien de noir sur eux, ils portaient tous des couleurs.»\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eIl est logique de citer le Gibus Club, les Guilty Razors vont souvent s’y produire (parfois d’ailleurs face à un public hostile) : puisque c’est encore l’unique lieu de la capitale qui programme régulièrement la nouvelle scène parisienne ou anglo-saxonne, Generation X, Siouxsie and the Banshees, les Slits, Johnny Thunders, qui va un peu devenir la mascotte déglinguée de l’endroit, vont ainsi s’y succéder. Un peu tard, dès 1978, le Rose Bonbon – l’ex Nashville – attirera aussi les noctambules en demande de décharges électriques... Au Gibus en 77 les emblématiques mais pas forcément excellents Asphalt Jungle y jouent souvent, partageant parfois l’affiche avec Metal Urbain, le seul groupe dont l’aura va par la suite dépasser les frontières de l’Hexagone (« Je les voyais comme les Sex Pistols français », expliquera d’ailleurs Geoff Travis, le patron de leur label anglais Rough Trade). Metal Urbain, justement, déjà installés dans ce mini paysage, ils vont aider les jeunes et fougueux Guilty Razors qui débarquent tout juste. Hermann Schwartz, qui fut le guitariste de Metal Urbain, s’en souvient « Ils étaient plus jeunes que nous, on était donc un peu leurs parrains même si le mot est bien sur un peu fort… Eux au moins ils étaient crédibles. On les trouvait bons et en plus ils avaient des bonnes chansons qui me rappelaient celles de Buzzcocks que j’aimais beaucoup. Mais à partir d’un moment ils se sont acoquinés avec des Hells Angels. Et là on ne les a plus suivis. »\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eUne rupture partagée, puisque de leur côté, les Guilty Razors voient d’un très mauvais œil apparaître dans des concerts de Métal U une frange du public qui se lance dans des Sieg Heil à répétitions en faisant le salut nazi… Des provocations, même si elles ne sont encore qu’à deux balles (le gros de la troupe skinhead ne se manifestera lourdement qu’un peu plus tard dans les concerts), qui ne sont pas vraiment du gout des frères Perez dont les convictions anti fascistes sont évidemment solidement ancrées. Il y a des choses sur lesquelles on ne transige pas. \u003cbr\u003eQuelques mois auparavant (en juillet 78) les « Rasoirs coupables » auront quand même fait une première partie très réussie de Metal Urbain au Bus Palladium ; une boite de nuit plus traditionnellement rock à l’ancienne (Téléphone y avait par exemple enregistré un 45T). Mais comme cela pouvait parfois se passer à l’époque ; la soirée s’était ensuite transformée en bagarre générale avec des rockers de banlieue venus là pour « casser du punk ».\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eLes nuits parisiennes d’alors n’étaient en effet pas toujours faites de douceur et de sérénité.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eC’est ainsi qu’après avoir assuré comme ils le pouvaient une première partie de The Jam, leur son ayant été massacré à la sono, nos Guilty locaux seront attendus à la sortie par – encore – une horde de rockys à bananes voulant leur faire la peau. « Heureusement, raconte Tristam. Nous étions accompagnés de nos roadies, des Bikers sans motos qui ont fait rempart. Cela s’est ensuite poursuivie dans les rues avoisinantes puis s’est terminée devant un troquet avec le patron sortant une carabine… » \u003cbr\u003eSi Tristam et les frères Perez échappent in extremis à divers aléas qui auraient pu devenir sanglants, ils ne seront pas non plus totalement innocents de tout méfait. L’épisode dans lequel ils braquent dans la rue deux inconnus continue par exemple de les amuser (« nous étions fauchés et nous voulions simplement nous payer des places pour le concert des Heartbreakers qui jouaient ce soir-là », raconte Tristam). Ils se trouve que leurs victimes étaient deux personnages incontournables dans le business rock d’alors : l’animateur radio Alain Manneval et l’éditeur musical Philippe Constantin. Ils déposèrent plainte, demandèrent une réparation monétaire, mais on ne sait trop comment le manager du groupe, l’habile mais plus que controversé (et très escroc selon tous ceux qui l’ont côtoyé) Alexis, se débrouilla pour que la plainte soit retirée et que Guilty Razors finisse par signer en édition avec Constantin avec une avance conséquente.…\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eL’autre signature, elle, se fit avec Polydor, la maison de disques qui sortit en 1978 leur unique 45T trois titres « I Don’t Wanna be A Rich », « Hurts and Noises », « Provocate » (des morceaux qui transpiraient la révolte perpétuelle et une envie d’affrontement « de classe » jamais éteint). Un disque vraiment très bon mais qui, pour cause de manque de promo (les radios ne passaient pas d’artistes français chantant en anglais), ne se vendit pas beaucoup ; on parle de 800 exemplaires… le reste du stock partit au pilon… Au départ les trois morceaux devaient être inclus sur un album qui ne vit jamais le jour pour cause de mise à la porte de chez Polydor (« il faut dire que parfois il nous arrivait de mettre un peu le souque chez eux ! », se marre Tristam. Dans le but de parfaire le 33T tant espéré, le groupe maquetta d’autres titres. Il y avait là – preuve d’un bon gout sixties jamais renié - une version de « Lucifer Sam » de Pink Floyd époque Syd Barrett, « Wake Up », une histoire de lendemain de cuite et « Bad Heart » qui évoquait la bande à Baader dont les actions avaient tellement marqué l’époque et une partie d’une génération en demande de dissidence extrême... Sur l’album que vous découvrez maintenant, on entend aussi cinq inédits enregistrés un peu plus tard lors d’un séjour aussi prolongé que glacial à Madrid ; faits dans un studio de fortune mais avec l’aide précieuse d’un batteur qui était aussi ingénieur du son. Un vieux hippie enthousiaste qui s’est avéré être un vrai as du bricolage sonore. Là aussi, certaines influences fifties et sixties du groupe (Link Wray, Troggs) paraissaient plus qu’évidentes.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eC’est peu après un dernier tour de piste houleux et plutôt barbare du côté du public, lors d’une « Nuit Punk » à l’Olympia en juin 1978, que Tristam quitta le groupe ; ses comparses continuant un petit moment sans lui.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eMais comme la plupart des groupes pionniers punks de l’époque, Guilty Razors finira par se séparer définitivement au bout de trois ans (à part une fois en Espagne, ils n’auront en fait joué qu’à Paris). Les causes de cessation d’activités étant à peu près les mêmes pour tous : pas d’endroits hors son petit circuit pour jouer cette sorte de rock qui faisait encore peur, était inconnu ou n’intéressait pas grand monde. Des probabilités quasiment nulles d’enregistrer un album : les grosses maisons de disques ne signant que des sous Téléphone sans originalités mais rassurants et les petits labels de l’époque ne s’intéressant qu’au rock progressif ou à la chanson à texte pour MJC. Quand à l’autoproduction ? Personne dans notre petit monde à épingles à nourrices n’y pensait encore. De toute façon, personne n’avait assez d’argent pour se lancer dans de pareilles entreprises. \u003cbr\u003e\u003cbr\u003eOui, les débuts du punk en France c’était vraiment le No Future !\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"CD","offer_id":56844414222661,"sku":"BB0195CD","price":14.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/Guilty-Razors-cover-HD_718130f4-1615-4280-818e-97eb69f079f2.jpg?v=1768235417"},{"product_id":"wizzz-bundle","title":"WIZZZ! – Bundle Vol. 1 - 5","description":"\u003cp data-pm-slice=\"0 0 []\"\u003eWizzz! est une série de compilations dédiée aux archives de la pop française des années 1960 et 1970.\u003cbr\u003eUn bundle en édition limitée réunissant les Vol. 1 à 5 est disponible en quantités limitées à un prix spécial !\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"Bundle","offer_id":57051145044293,"sku":"BUNDLE-WIZZZ-BB","price":109.0,"currency_code":"EUR","in_stock":false}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/Wiiiz_Bundle_LP.png?v=1770128768"},{"product_id":"dorian-pimpernel-flowers-too","title":"Flowers Too","description":"\u003cp\u003eQue fait la pop aujourd’hui ? Elle nous remplit la tête, elle nous élève parfois. Elle invente chichement, elle pille un peu, elle recopie beaucoup. Elle nous accompagne encore, elle nous martyrise aussi. Elle nous euphorise de temps en temps, elle nous rabaisse souvent. Mais ce qu’elle ne fait presque plus, c’est nous faire rêver — vraiment rêver, les yeux ouverts comme les yeux fermés.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eC’est précisément là que revient Dorian Pimpernel.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eCar s’il fallait voir leur premier album ALLOMBON comme l’ouverture d’un passage secret, ce deuxième disque « FLOWERS TOO »  est autre chose : non plus la découverte d’un monde, mais son exploration méthodique, son cartographiage fiévreux, son approfondissement jusqu’aux couches souterraines. Là où le psychédélisme contemporain semble au point mort, où l’extase a perdu son effet, où les grands espaces de l’imaginaire ont été lotis, balisés, rentabilisés, eux creusent encore. Et plus profondément.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eLa pop ésotérique — la plus noble, la plus dangereuse — ne se pratique plus en surface. Elle a déserté les grandes avenues pour se réfugier dans des laboratoires cachés, des arrière-salles mentales, des sous-sols plus enfouis encore que ceux du garage, du punk ou du metal noir. C’est là que travaille, depuis des années, la société secrète Dorian Pimpernel, avec une obstination qui tient moins de la carrière que du sacerdoce.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eLeur premier album posait les bases d’un langage, d’un climat, d’un possible. Celui-ci en est la chambre intérieure.\n\u003cbr\u003eLes cinq membres — ce batteur fasciné par l’Antiquité, ce songwriter philosophe à ses heures, ce cinéaste-compositeur polymorphe, ce bassiste-archiviste possédé par les disques, ce chanteur longtemps reclus avec sa guitare — n’ont pas changé de nature. Mais leur musique, elle, a muté. Plus dense. Plus cohérente. Plus habitée.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eToujours en marge du schéma classique de “la bande de potes qui monte un groupe”, ils poursuivent leur étrange projet : la moonshine pop, envers nocturne, lunatique, parfois vénéneux de la sunshine pop californienne. Sauf qu’ici, le concept n’est plus une hypothèse esthétique — c’est un territoire. Johan ne parle plus d’esquisse, mais de monde. Un monde bâti brique après brique, disque après disque, où chaque sonorité, chaque timbre, chaque intention a sa place comme dans une architecture secrète.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eSi le premier album ouvrait la porte, ce deuxième vous pousse à l’intérieur — si loin que ce sont vos rêves, et peut-être vos cauchemars, qui devront accueillir les créatures qui l’habitent.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eÀ la manière des livres mi-littéraires, mi-magiques de la Renaissance, ce disque fonctionne comme un système clos et pourtant infini. Chaque chanson y est à la fois fragment et totalité : autonome, mais trouée, habitée par le sentiment vertigineux qu’il existe d’autres pièces, d’autres couloirs, juste à côté. L’ensemble forme un labyrinthe dont on peut étudier le plan… ou accepter de s’y perdre.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eCar que l’on soit exégète maniaque ou simple promeneur nocturne, une chose frappe d’abord : c’est de la pop.\n\u003cbr\u003eDe la grande mélodie. Immédiate, souple, lumineuse — même quand elle parle depuis l’ombre. Si leur art relève de l’ésotérisme, c’est à la manière d’Alice au pays des merveilles : en douceur, en couleurs, avec un sourire qui cache des abîmes.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eLeurs influences sont toujours là, mais digérées plus profondément : le psychédélisme savant des années 60, les ponts rêvés entre Canterbury et Düsseldorf, les musiques de film hantées, les synthétiseurs rares et les guitares anciennes qui peuplent leur studio-cabinet de curiosités. Sauf qu’ici, tout cela ne se cite plus — ça respire. Ça vit. Ça agit.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eOn pourrait parler d’hantologie à la française, mais moins tournée vers la nostalgie que vers l’activation des fantômes. Comme s’ils parlaient une langue ancienne, oui — mais de manière à ce qu’elle appartienne pleinement au monde nouveau, même si ce monde ne sait pas encore qu’il en a besoin.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eEn surface, cette musique semble venue d’hier.\n\u003cbr\u003eEn profondeur, elle est strictement contemporaine : ambiguë, miroitante, instable, vibrionnante. Mais aussi — et surtout — harmonieuse, immédiate, délicieusement toxique, d’une beauté presque suspecte.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eLa vraie surprise, c’est que ce deuxième album a déjà la densité d’un disque de maturité. Dans ses thèmes — illusions perdues, chemins qui ne mènent nulle part, mondes parallèles frôlés sans être habités — comme dans sa forme : non plus seulement une proposition, mais un manifeste pleinement réalisé.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eLa machine à rêves est relancée.\n\u003cbr\u003eEt cette fois, elle tourne sans mode d’emploi.\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"LP","offer_id":57104536437061,"sku":"BB0196LP","price":22.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/Capture-d-ecran-2026-02-03-a-16.40.59_0bd81859-b539-49be-948a-fa458f92bbfb.jpg?v=1770802289"},{"product_id":"dorian-pimpernel-flowers-too-cd","title":"Flowers Too - CD","description":"\u003cp\u003eQue fait la pop aujourd’hui ? Elle nous remplit la tête, elle nous élève parfois. Elle invente chichement, elle pille un peu, elle recopie beaucoup. Elle nous accompagne encore, elle nous martyrise aussi. Elle nous euphorise de temps en temps, elle nous rabaisse souvent. Mais ce qu’elle ne fait presque plus, c’est nous faire rêver — vraiment rêver, les yeux ouverts comme les yeux fermés.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eC’est précisément là que revient Dorian Pimpernel.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eCar s’il fallait voir leur premier album ALLOMBON comme l’ouverture d’un passage secret, ce deuxième disque « FLOWERS TOO »  est autre chose : non plus la découverte d’un monde, mais son exploration méthodique, son cartographiage fiévreux, son approfondissement jusqu’aux couches souterraines. Là où le psychédélisme contemporain semble au point mort, où l’extase a perdu son effet, où les grands espaces de l’imaginaire ont été lotis, balisés, rentabilisés, eux creusent encore. Et plus profondément.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eLa pop ésotérique — la plus noble, la plus dangereuse — ne se pratique plus en surface. Elle a déserté les grandes avenues pour se réfugier dans des laboratoires cachés, des arrière-salles mentales, des sous-sols plus enfouis encore que ceux du garage, du punk ou du metal noir. C’est là que travaille, depuis des années, la société secrète Dorian Pimpernel, avec une obstination qui tient moins de la carrière que du sacerdoce.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eLeur premier album posait les bases d’un langage, d’un climat, d’un possible. Celui-ci en est la chambre intérieure.\n\u003cbr\u003eLes cinq membres — ce batteur fasciné par l’Antiquité, ce songwriter philosophe à ses heures, ce cinéaste-compositeur polymorphe, ce bassiste-archiviste possédé par les disques, ce chanteur longtemps reclus avec sa guitare — n’ont pas changé de nature. Mais leur musique, elle, a muté. Plus dense. Plus cohérente. Plus habitée.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eToujours en marge du schéma classique de “la bande de potes qui monte un groupe”, ils poursuivent leur étrange projet : la moonshine pop, envers nocturne, lunatique, parfois vénéneux de la sunshine pop californienne. Sauf qu’ici, le concept n’est plus une hypothèse esthétique — c’est un territoire. Johan ne parle plus d’esquisse, mais de monde. Un monde bâti brique après brique, disque après disque, où chaque sonorité, chaque timbre, chaque intention a sa place comme dans une architecture secrète.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eSi le premier album ouvrait la porte, ce deuxième vous pousse à l’intérieur — si loin que ce sont vos rêves, et peut-être vos cauchemars, qui devront accueillir les créatures qui l’habitent.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eÀ la manière des livres mi-littéraires, mi-magiques de la Renaissance, ce disque fonctionne comme un système clos et pourtant infini. Chaque chanson y est à la fois fragment et totalité : autonome, mais trouée, habitée par le sentiment vertigineux qu’il existe d’autres pièces, d’autres couloirs, juste à côté. L’ensemble forme un labyrinthe dont on peut étudier le plan… ou accepter de s’y perdre.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eCar que l’on soit exégète maniaque ou simple promeneur nocturne, une chose frappe d’abord : c’est de la pop.\n\u003cbr\u003eDe la grande mélodie. Immédiate, souple, lumineuse — même quand elle parle depuis l’ombre. Si leur art relève de l’ésotérisme, c’est à la manière d’Alice au pays des merveilles : en douceur, en couleurs, avec un sourire qui cache des abîmes.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eLeurs influences sont toujours là, mais digérées plus profondément : le psychédélisme savant des années 60, les ponts rêvés entre Canterbury et Düsseldorf, les musiques de film hantées, les synthétiseurs rares et les guitares anciennes qui peuplent leur studio-cabinet de curiosités. Sauf qu’ici, tout cela ne se cite plus — ça respire. Ça vit. Ça agit.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eOn pourrait parler d’hantologie à la française, mais moins tournée vers la nostalgie que vers l’activation des fantômes. Comme s’ils parlaient une langue ancienne, oui — mais de manière à ce qu’elle appartienne pleinement au monde nouveau, même si ce monde ne sait pas encore qu’il en a besoin.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eEn surface, cette musique semble venue d’hier.\n\u003cbr\u003eEn profondeur, elle est strictement contemporaine : ambiguë, miroitante, instable, vibrionnante. Mais aussi — et surtout — harmonieuse, immédiate, délicieusement toxique, d’une beauté presque suspecte.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eLa vraie surprise, c’est que ce deuxième album a déjà la densité d’un disque de maturité. 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Avec des noms comme \u003cstrong\u003eJean Constantin\u003c\/strong\u003e, \u003cstrong\u003eMarpessa Dawn\u003c\/strong\u003e et \u003cstrong\u003eMagalie Noël\u003c\/strong\u003e, \u003cstrong\u003eIsabelle Aubret\u003c\/strong\u003e, \u003cem\u003eTchic Tchic\u003c\/em\u003e montre aussi comment de grandes figures du cinéma et de la musique français se sont laissées emporter par cette tendance.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eDepuis la fin des années 1950, la bossa-nova brésilienne influence fortement la chanson française. Popularisée au Brésil par \u003cem\u003e\u003cstrong\u003eJoão Gilberto\u003c\/strong\u003e\u003c\/em\u003e et dʼautres musiciens, elle dérive de la samba mais se distingue par des harmonies innovantes et un style plus subtil. Née dans un contexte dʼoptimisme au Brésil (années Kubitschek), la bossa devient rapidement un phénomène international, notamment après son adoption par des jazzmen américains et le succès de \u003cem\u003eThe Girl from Ipanema\u003c\/em\u003e. Arrivée en France via des artistes comme Pierre Barouh ou Georges Moustaki, elle sʼintègre à la scène parisienne, surtout à Saint-Germain-des-Prés.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eLes musiciens français se lʼapproprient en la mélangeant au jazz, à la pop ou au funk, donnant naissance à une « French bossa nova » (années 1960-1970). Cette réinterprétation produit des morceaux originaux et parfois expérimentaux, voir psychédéliques réunissant chanteurs, compositeurs et arrangeurs variés. Alors que les textes brésiliens sont souvent poétiques et philosophiques, les versions françaises tendent parfois vers lʼexotisme léger ou carnavalesque. À première vue, les mots « français » et « bossa nova » peuvent sembler étranges associés, mais \u003cem\u003eTchic Tchic\u003c\/em\u003e prouve que cette combinaison fonctionne parfaitement — et quʼelle constitue la bande-son idéale de lʼété.\u003cbr\u003e\u003c\/p\u003e","brand":"BORN BAD RECORDS","offers":[{"title":"2LP","offer_id":57176660967749,"sku":"BB0125LPBW","price":28.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/86596DFB-833D-4EA0-AE6A-1C793AAB8AAB.jpg?v=1771346385"},{"product_id":"a-moi-la-liberte-early-electronic-rai-algerie-1983-90-2lp","title":"A moi la liberté - Early Electronic Raï (Algérie 1983-90)","description":"","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"2LP","offer_id":57373984391493,"sku":"BB0160LP","price":23.2,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/3521381577112.jpg?v=1773398414"},{"product_id":"jacques-tati-swing-ost-jour-de-fete-les-vacances-de-monsieur-hulot-mon-oncle-playtime-trafic-parade","title":"SWING (OST \"JOUR DE FETE\" \/ \"LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT\" \/ \"MON ONCLE\" \/ \"PLAYTIME\" \/ \"TRAFIC\" \/ \"PARADE\")","description":"\u003cp\u003eÉcouter un film de Tati est une expérience étonnante! Le son, la musique y prennent la parole, ont plus de place que les mots, que le conventionnel discours des adultes et son ennui. Hulot se tait ou bredouille. Tati connaît bien les bruits du monde moderne, bips, sonneries, grésillements, marteau-piqueurs, automobiles, sons mécaniques, électriques, caoutchouteux, talons hauts des secrétaires et machines à écrire, bruits d’usine, portes qui grincent, fauteuils qui soupirent, machines et machins techniques, le franglais, l’aspirateur,  et tout le petit ménager…  Il fait de tout ce fatras urbain et domestique, plastoc, plastic, plastac, lino et formica, une partition sonore virtuose. Tous les signaux et signalements, alertes et sirènes nous perdent dans les espaces urbains. Tati malicieusement nous désoriente. Il enregistre en grand, sur cinq pistes ! et dans des rythmes savants et savoureux. Un plaisir des sens. Et pour qui a entendu Mon Oncle, des Vacances de Monsieur Hulot, PlayTime… son regard sur le monde en sera changé. Plus jamais vous ne percevrez les bruits des villes et villages de la même façon. La ville moderne est pour Hulot un terrain de jeu ; il invente un paysage sonore inédit. Et puis, il y a l’organique, la campagne, les chiens qui aboient, la guêpe qui circule et agace François le facteur à vélo jusqu’au vol plané dans la rivière…\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eQuand nous avons rencontré Jacques Tati, rue de Bièvres, dans son modeste bureau plein de souvenirs de tournages, il nous a évoqué le music-hall, ses règles, le cinéma muet, son célèbre numéro de pantomime Impressions sportives… éloge du minimalisme des gestes et des bruits, et pas un mot. Quant à la musique de ses film qu’il nous décrivait comme des couleurs, elle  fait irruption dans le désastre, inaugure la fête : folie du batteur, danse frénétique au Royal Garden… Jamais illustrative, elle bouscule la rumeur du monde moderne et traverse l’histoire comme un vrai personnage. Lors du montage, images et sons sont un même matériau, un même récit. Tati a le secret du tempo. Pas un son, une note, un silence de trop dans son scénario. Raffinement absolu.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eAlors, faites l’expérience dès ce soir. Posez le vinyle sur la platine,  allongez-vous, fermez les yeux, écoutez. Si vous connaissez les films de Tati, le voyage sera visuel et total, plans séquences, couleurs, décors fous, raffinement des néons, la ville moderne et son aéroport, le style Saint-Maur ou La Villa Arpel, Sainte-Sévère ou l’Hôtel de la plage, salon de l’automobile ou chapiteau de cirque, Daki le teckel, le petit Gérard, les touristes américaines … tout reviendra dans votre rêverie. Fantasmagorie. Si, par malheur, vous n’avez jamais vu un film du génial Tati, ni son jeu de jambes, ni ses facéties mélancoliques, la perdition poétique et drôle de Hulot, ni rencontré tous les personnages dessinés au trait par le cinéaste, alors votre imaginaire va s’envoler. Vous êtes embarqués. Le Son pour Tati, c’est la grande affaire du cinéma. Obsessionnel magnifique, il capte, attrape les sons et la musique dans une architecture savante, sensuelle. Joie de la perception ! Les bruits du monde l’inquiètent et l’amusent ; ils disent tout autant que l’image, la bascule dans la modernité, racontent nos maladresse, l’inadaptation, la désorientation des gens que nous sommes.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eDu music-hall, il a gardé le goût de la valise du bruiteur, des sons recréés dans un ailleurs poétique. Du village, il a rapporté la fête foraine, l’accordéon ; de la ville moderne, la musique « à l’américaine », le jazz et quelques rengaines très parisiennes et autres mélodies pour manèges d’automobiles… Sans les images, c’est encore du cinéma !\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eVous dire aussi : Tati avait prévu pour Confusion son dernier scénario, de travailler avec Les Sparks, ce groupe talentueux qui a imaginé la musique de Annette, le film si étonnant de Léos Carax… Du canari siffleur dans le rayon de soleil de la maison de M.Hulot à la marionnette fantastique d’une comédie musicale, nous sommes à coup sûr du côté des poètes.\u003c\/p\u003e\n\n\u003cp\u003eMacha Makeieff\u003c\/p\u003e","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"2LP","offer_id":57694812406085,"sku":"BB0167LPBW","price":28.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/Tati-swings-cover-HD.jpg?v=1776258329"},{"product_id":"mar-vista-visions-of-sodal-ye","title":"Visions of Sodal Ye","description":"\u003cp\u003eInitialement autoproduit à 150 exemplaires (1977), le seul album de MAR-VISTA est l’un des disques français les plus étranges et radicaux. Entre musique électronique psychédélique, expérimentation et acid folk, il constitue une véritable pièce culte pour les collectionneurs.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eUn graal pour les amateurs de Klaus Schulze, Terry Riley, Neu! et Silver Apples.\u003cbr\u003eInclut un second disque inédit enregistré en 1973.\u003cbr\u003e\u003c\/p\u003e","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"2LP","offer_id":57854464557381,"sku":"BB0197LP","price":26.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/SiMULATION-EMPLACEMENT-STICKER-5x5cm.jpg?v=1777910457"},{"product_id":"forever-pavot-lengloutie-ost","title":"L'Engloutie - OST","description":"\u003cp\u003eComposée par Forever Pavot pour le film L'Engloutie, cette bande originale du film de Louise Hemon dévoile une facette plus intime et cinématographique de l'univers de Forever Pavot.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eEntre mélodies hypnotiques, choeurs évanescent Morriconnien, orchestrations délicates et textures psychédéliques, ces morceaux accompagnent les images avec une élégance toute singulière. À la fois contemplative et mystérieuse, cette musique prolonge le charme énigmatique du film bien au-delà de l'écran.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003ePressé à seulement 300 exemplaires.\u003c\/p\u003e","brand":"BIGWAX DISTRIBUTION","offers":[{"title":"7inch","offer_id":58491221541189,"sku":"BB0202EP","price":10.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/files\/L-engloutie_Web.jpg?v=1783435281"}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0004\/4099\/1797\/collections\/LOGO_BORN_BAD_finalrond_VECTORISE.png?v=1765880215","url":"https:\/\/miniwax.club\/collections\/label-born-bad-records.oembed?page=2","provider":"Miniwax","version":"1.0","type":"link"}